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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 17:18

Extrait tiré des mémoires de monsieur Henri FAURE, qui fit sauter le pont de LIVRON (26) le 17 août 1944 et contribua ainsi à bloquer en partie les troupes allemandes dans la région de Montélimar.
 

"Dans la nuit du 30 au 31 août

 

, les compagnies des forces françaises de l’Intérieur font mouvement sur Valence, conformément aux plans établis par l’Etat-Major, avec l’appui des troupes américaines. Je ne décrirai pas les combats pour la libération de Valence, n’y ayant pas assisté directement et de nombreuses relations en ayant été publiées. Je crois utile cependant de reproduire le communiqué officiel qui en fait état:

 

Communiqué officiel

"Dans la nuit du 30 au 31 août, la libération de Valence fut décidée par l’Etat-Major F.F.I. de la Drôme, en collaboration avec les troupes américaines.

Selon les ordres donnés, les F.F.I. occupent la banlieue de Valence dès 4 heures du matin. Après nettoyage des nids de résistance autour de la ville, les premiers éléments F.F.I. entrent à Valence à 7 heures 30 ayant à leur tête, le lieutenant colonel Legrand (Jean Pierre de Lassus Saint-Geniès), accompagné de son adjoint le commandant Roger ( Francis Cammaerts), des membres de l’Etat-Major départemental et de la 6ème CIe du 2ème bataillon commandée par le capitaine Brenteuf. Le colonel Saint-Sauveur fait également son entrée en ville, où il peut assister aux derniers combats se livrant dans le quartier sud, faisant de très nombreux prisonniers". 

........

Valence est libérée !

Les Valentinois se réveillant débarrassés du joug qui les a oppressés pendant quatre ans. Ils prennent conscience de cette réalité si ardemment espérée et instinctivement se retrouvent tous dans les rues. Les gens s’abordent, et forment des groupes frémissants, la joie éclaire tous les visages et comme par magie des drapeaux français se dressent sur les monuments, les maisons, les fontaines. Des oriflammes tricolores, certains frappés de la croix de Lorraine, flottent aux fenêtres. Ce sont parfois de simples chiffons attachés les uns aux autres, du papier, peu importe, la circonstance en fait éclatants symboles.

........ 

 

L’aube radieuse vient de se lever. La clarté qui illumine les hauteurs des Alpes des Cévennes, embrase en même temps nos coeurs.

Le public ne connaissait pas encore notre chant des Partisans.

Ces instants privilégiés effaçaient momentanément toutes les souffrances de la clandestinité.

Soudain une sorte de murmure profond roula à travers les rues et les places, s’amplifia, se rythma pour devenir un souffle modulé, c’était la voix de Valence, qui entonnait la marseillaise.Ce n’est plus de l’espérance, c’est le rêve réalité. Il est difficile de traduire par des notes des sentiments, une ambiance et un décor que l’on ne peut imaginer aujourd’hui. Ces gens qui avaient souffert, connu les privations, les deuils, l’humiliation et dont certains n’espéraient plus la délivrance, vivaient cette première journée dans une sorte de griserie irréelle. Repris par des milliers de poitrines, l’hymne déferla, éclata, se déversa comme un torrent irrésistible."

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Published by LCL MICHEL BRAULT
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