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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 16:03

2014-11-07 11.04.42

 

Allocution prononcée par le LCL(er) Michel BRAULT lors de la cérémonie organisée à la mémoire de l’Adjudant Thomas DUPUY, tué en opération dans le nord du MALI le 29 octobre 2014 .

 

 

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Ce sous officier appartenait à la 4° génération du feu, celle des opérations extérieures  caractérisées par la complexité  et l’extrême diversité des situations, exigeant de réelles qualités techniques, mais aussi un mental à toute épreuve. C’est cela  que vivent quotidiennement  nos soldats en AFRIQUE.

Ces soldats sont des professionnels que le monde entier nous envie et qui font honneur à notre pays par leur compétence, leur savoir faire et leur savoir être. Ces soldats n’ont donc rien à envier à leurs grands anciens des 2 conflits mondiaux, de l’Indochine ou de l’Algérie.

Aussi, ils ont droit à notre reconnaissance et à l’hommage du pays. Ils ont le droit de ne pas disparaître dans l’indifférence et l’anonymat.

La très grande majorité de nos associations d’anciens combattants, ont soutenu les projets visant  à officialiser et perpétuer leur souvenir: la construction d’un mémorial à Paris, l’inscription de leur nom sur le monument aux morts de leur commune, l’instauration d’une journée nationale du souvenir le 11 novembre pour honorer tous les soldats « morts pour la France » et notamment ceux des missions extérieures jusque là oubliés.

L’étape parisienne lors du rapatriement du corps d’un soldat tué en opération fait aussi partie désormais de cet hommage national. Ce sont les honneurs militaires rendus dans  la cour des Invalides et l’hommage populaire lors du passage du cortège sur les Champs Elysées et le pont Alexandre III.

L’adjudant Thomas Dupuy a eu le droit à ce cérémonial, un hommage national lui a également été rendu sur la base aérienne d’Orléans-Bricy et l’assemblée nationale a observé une minute de silence en sa mémoire. Ce n’est que justice.

Mais alors que nous honorons ce soldat, le 10ème tué au Mali, qu’en est-il de notre engagement au SAHEL.

Il y a moins de 2 ans,  nos dirigeants  évoquaient une intervention limitée à quelques mois au MALI, puis toujours pour quelques mois en CENTRAFRIQUE. Or nous voyons bien qu’il n’en ait rien et que notre engagement est appelé à s’intensifier et à s’installer dans la durée. L’opération Barkhane, en partenariat avec les 5 pays de la zone sahélo-saharienne, a succédé à l’opération Serval et le ministre de la défense a annoncé une présence durable de forces Françaises dans ce dispositif de contre terrorisme. Nos unités ont obtenu, dans cette lutte, de magnifiques succès et la communication officielle fait donc l’éloge de nos forces militaires. C’est encourageant pour celles ci. Mais elle oublie le plus souvent de préciser dans quelles conditions extrêmes ces missions sont réalisées et je veux rappeler ce que disent désormais tout haut nos plus hauts responsables militaires.

Nos troupes agissent avec un matériel certes parfois très performant, mais  bien trop rare, comme les avions de transport, et de plus en plus souvent à bout de souffle, certains matériels majeurs datent des années 1970, bientôt d’un demi-siècle. 

Ces missions à très haut risque, sont assurées par des unités d’ores et déjà en surchauffe, en limite de rupture du fait de la fréquence de leurs projections. Qu’en sera-t-il dans quelques mois ou années lorsque les mesures du livre blanc seront toutes entrées en vigueur et que les armées auront perdu les 80 000 hommes qui doivent au total disparaître. ?

C’est pourquoi nous demandons une nouvelle fois aux élus et responsables politiques de tous bords, de prendre la mesure de ce grave problème, de défendre leur armée et de faire preuve de responsabilité lorsqu’il faudra voter les prochains budgets. L’armée ne doit pas être une variable d’ajustement dans le budget du pays, sa mission lui est fixée par la nation et c’est à la nation de lui donner les moyens adaptés et suffisants. Il y va de la vie de nos hommes, de l’indépendance et de la sécurité de la France. Si cela ne pouvait être réalisé, il faudrait alors revoir les ambitions d’intervention de notre pays à la baisse pour tenir compte de cette nouvelle réalité.

Pour terminer je voudrais rappeler que la démarche, entreprise par Yves GUILLOUD, pour sensibiliser nos concitoyens à la mort en opération de nos soldats, est et reste tout à fait pertinente et qu’elle doit être poursuivie.  Elle est  d’ailleurs reconnue et approuvée par les associations patriotiques de nos 2 départements. En effet, elle permet de témoigner localement de notre soutien à nos armées et à leurs familles, de saluer la mémoire  d’un soldat tombé pour affirmer ou défendre les valeurs  et les intérêts de notre pays.  

A la compagne de l’adjudant Thomas Dupuy, à ses proches, aux aviateurs et aux soldats des forces spéciales, nous présentons nos plus sincères condoléances.

Nous pensons aussi à ses 2 coéquipiers blessés lors de l’opération héliportée du 29 octobre, ces blessés que l’on oublie trop souvent et à qui nous souhaitons un prompt et complet rétablissement.

Nous avons enfin une pensée pour le soldat du 1er spahi qui a perdu la vie le 1ier novembre  dans un accident de la route en service commandé et pour le caporal-chef Heiarii MOANA du 126ième RI de Brives-la-Gaillarde, décédé le 5 novembre d’une forme grave de paludisme contracté en république centrafricaine où il avait projeté dans le cadre de l’EUFOR RCA.

 

Vive l’Armée française, vive la France. 

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Published by LCL MICHEL BRAULT - dans DEVOIR DE MEMOIRE
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