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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 09:48

Jean Étienne Vachier, dit Championnet, général français, est né à Alixan, près de Valence, dans la Drôme, le 13 avril 1762. Il est décédé le 9 janvier 1800 à Antibes.

Il était le fils naturel de Madeleine Collion, et de son employeur Étienne Grand (avocat). Sa mère, pour ne pas compromettre le père de l'enfant, déclare comme patronyme à l'état civil celui de sa propre grand-mère, Vachier. Il existe deux actes d'état civil relatant cette naissance, strictement identiques, sauf les dates : l'un est daté du 13 avril, l'autre du 14. Son père le surnomme Championnet, tiré de « Champ de Pionnet », nom d'une de ses propriétés valentinoises où l'enfant a certainement été conçu. À la mort de son père, Jean Étienne Vachier prendra le nom de « Grand-Championnet », puis, à partir de 1792, parce que les noms nobles ou composés deviennent fort mal vus, il ne signera plus que sous le nom de Championnet.

Il entre fort jeune au service de la patrie et doit à sa valeur un avancement rapide. Membre de la garde nationale dès sa création en 1789, il prend une part importante dans le mouvement révolutionnaire.

Il sert quelque temps en Espagne. Quelques railleries sur l'illégitimité de sa naissance l'ont forcé à s'expatrier. Rentré en France en 1791, il continue la carrière militaire et fut nommé chef du 6e bataillon de la Drôme. Il est nommé adjudant-général en 1792. En mai 1793, il est chargé de juguler et neutraliser la révolte des Girondins du Jura, ce qu'il accomplit sans bain de sang.

Sous le commandement de Pichegru, il prend part à la campagne du Rhin, puis à Wissembourg et dans le Palatinat, et gagne l'estime de Lazare Hoche. Il est nommé colonel après le combat d'Arlon, et général de brigade en 1793.

A la bataille de Fleurus, le 26 juin 1794, assailli par des forces quatre fois supérieures en nombre, il repousse le prince Charles et culbute la cavalerie de Kaunitz. Par son combat appliqué au centre du champ de bataille, il contribue grandement à la victoire de Jean-Baptiste Jourdan; puis, s'élançant à la suite des vaincus, les taille en pièces à Marbas et leur enlève, après un combat sanglant, les hauteurs de Clermont.

Dans les campagnes suivantes, il commande l'aile gauche des armées françaises du Rhin entre Neuwied et Düsseldorf, et son action est décisive dans les succès ou les échecs des expéditions vers le Lahn et le Main. Wurtzbourg, Altenkirchen sont témoins de sa valeur et de son habileté.

Les préliminaires de Leoben viennent arrêter ses succès de ce côté ; mais, chargé du commandement d'un corps d'armée dans le nord, il bat, en 1798, à Blankenberge, les Anglais venus pour bombarder Ostende. Il réussit plusieurs actions d’éclat, au point que Hoche dira de lui : « La division Championnet demande où est l’ennemi, elle ne s’informe jamais du nombre ! »

En 1798, Championnet est nommé commandant en chef de l'armée de Rome, chargée de protéger la jeune république contre la Cour de Naples et la flotte britannique. Censée être de 32 000 hommes, l'armée n'en compte que 8 000 en état de combattre, avec à peine 15 cartouches par homme.

L'armée de Rome doit se replier devant les 60 000 hommes que le général autrichien Karl Mack pousse devant lui; 7 000 Anglais, débarqués à Livourne, sont dispersés ; bientôt il rentre en vainqueur à Rome, fait investir Capoue et s'empare de Gaeta. Capoue ayant capitulé le 10 janvier 1799, il entre à Naples le 23 janvier 1799, en chassant les Britanniques et les troupes royales. Il organise la République parthénopéenne qui devait durer si peu.

Ces succès lui suscitent de solides inimitiés qui entraînent sa destitution et son remplacement par Macdonald le 13 février 1799 puis son arrestation le 24 février, par ordre du Directoire, à la suite d'un démêlé qu'il a eu avec un commissaire du gouvernement, et son jugement pour abus de pouvoir. Le général en chef Championnet est traduit devant un conseil de guerre, traîné de brigade en brigade jusqu'à Grenoble, où il est incarcéré jusqu'à la révolution du 30 prairial an VII.

Après le coup d’État du 18 juin 1799 qui ramène les Jacobins au pouvoir, Championnet est libéré et reprend de l'activité au commandement de l'armée des Alpes, qu'il doit réorganiser tout entière. Mais, à la tête de soldats trop peu nombreux, démunis et affaiblis par une épidémie de typhus, il échoue dans sa mission de défendre les frontières des Alpes. Chargé de remplacer Joubert, tué à la bataille de Novi, il s'établit sur la rivière de Gênes et s'y trouve bientôt acculé dans la position la plus difficile, sans munitions, sans argent, en face d'un ennemi nombreux; il est défait par les Austro-Russes à Genola, le 4 novembre 1799. Heureusement le retour de Napoléon Bonaparte vient relever son courage. Il envoie sa démission au Directoire dans une lettre où il signale le jeune général comme le seul homme qui puisse sauver l'Italie.

Après le coup d'État du 18 brumaire, Championnet demande et obtient son remplacement. Il tombe malade du typhus et s'éteint à Antibes le 9 janvier 1800, à l'âge de 37 ans. Il est enterré au Fort Carré.

Son cœur, suivant son désir, fut déposé, à Valence, dans la chapelle Saint-Ruf, utilisée comme temple de la Raison et devenue aujourd'hui Temple Protestant. L'urne funéraire contenant son cœur, offerte par Napoléon Bonaparte, s'y trouve dans un monument élevé au fond de l'abside.

Sa statue par le grenoblois Victor Sappey est élevée sur le Champ de Mars à Valence en 1848. Son nom figure sur l'Arc de Triomphe à Paris.

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Published by LCL MICHEL BRAULT - dans HISTOIRE
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