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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 08:04

dbphuIl y a 56 ans, après 56 jours de combats, de courage et de souffrances, les combattants de l'Union Française cessaient le combat à Dien Bien Phu.

 

L'assaut est déclenché le 13 mars contre le point d'appui « Béatrice » tenu par le 3/13 DBLE (3e bataillon de la 13e demi-brigade de Légion étrangère) commandé par le commandant Pégot. Le point d'appui est écrasé par les obus de canons et de mortiers lourds. Pendant plusieurs heures il reçoit des milliers d'obus. Les abris, n'étant pas conçus pour résister à des projectiles de gros calibre, furent pulvérisés. La surprise est totale dans le camp français.

Le Viêt-Minh utilisant une énorme capacité en bras, a pu creuser des tunnels en travers des collines, hisser ses obusiers et s’offrir plusieurs emplacements de tir sur la garnison sans être vu. Des terrasses furent aménagées et dès que les canons avaient fini de tirer, ils regagnaient leur abri. De ce fait jamais l'artillerie française ne fut en mesure de faire taire les canons Viêt-Minh, pas plus que les chasseurs-bombardier de l'aéronavale.

En une nuit, c'est une unité d'élite de la Légion qui est supprimée. Nul n'a imaginé un tel déluge d'artillerie. La contre batterie française se révèle inefficace. Constatant cet échec, le Colonel d'artillerie Piroth se suicide en dégoupillant une grenade, quelques jours après le début de la bataille.

Puis les artilleurs viêts se sont appliqués à bombarder la piste d'atterrissage, vite devenue inutilisable. Dès lors le cordon ombilical qui reliait le camp à Hanoï était coupé. Le ravitaillement et l'évacuation des blessés s'en retrouvèrent durement affectés. Le Viêtminh lança alors des vagues d'assaut humaines pour prendre les positions françaises, mais elles se heurtèrent à une résistance acharnée et subirent de lourdes pertes du fait des mines et des mitrailleuses. Le Général Vo Nguyen Giap changea alors de stratégie et parla de " grignoter le camp ", en faisant un travail de sape. La bataille fut alors une suite ininterrompue d'offensives et de contre-offensive sanglantes, où les objectifs étaient de reprendre les positions perdues. Le terrain fut transformé en champ de boue du fait des pluies de la mousson, inondant les tranchées, noyant les blessés. On a souvent comparé Dien Bien phu à un " Verdun tropical ".

Les avions venant de Hanoï (des Douglas A-26 Invader, des Grumman F6F Hellcat) étaient gênés de surcroît par une météo capricieuse (mousson). Jamais ils ne purent identifier les emplacements de tir. Ils larguaient les bombes et le napalm quasiment au hasard, guidés seulement par radio. Ils pouvaient aussi faire des passes au-dessus des crêtes pour tirer avec leurs mitrailleuses de 12,7 mm et leurs roquettes.

Un écran nuageux quasi permanent en période de mousson rendait l'accès aérien difficile à vue (et les radars de vol n'existaient peu ou presque pas). Dans ce contexte, les missions d'attaque des avions français étaient dangereuses, du fait du terrain, du climat et surtout de la DCA. Ces avions devaient faire plus de 600 km avant d'arriver sur Dien Bien Phu : ils étaient à la limite de leur réserve de carburant. Ils avaient par conséquent très peu de temps pour leur mission de combat. Les assauts Viêt-Minh eurent lieu essentiellement de nuit, lorsque l'aviation française était inopérante.

Les Français disposaient de 10 chars légers M24 Chaffee armés de canons de 75 mm, mais ils étaient relativement inadaptés à une guerre de siège. Certains ont été sabotés par leur équipage, sur avarie ou bien pour éviter la capture par l'ennemi. Ils étaient souvent utilisés pour soutenir l'infanterie lors de contre-attaques.

La garnison ne pouvait compter que sur des contre-attaques de parachutistes à pied, qui ne manquaient pas de courage ni d’héroïsme. En particulier les parachutistes du Lt Col Marcel Bigeard. Leur mission étaient de s'emparer des positions adverses et des canons, armés de lance-flammes. Mais ces contre-attaques ne pouvaient dépasser la ligne des sommets et durer longtemps par l’incapacité de les ravitailler et de les soutenir d’un appui–feu. Lorsqu'un point d'appui était atteint, les soldats étaient parfois à court de munitions. C'est donc une mêlée à l'arme blanche et à la grenade qui attendait les soldats.

Les Français firent preuve de combativité, sans pouvoir se reposer ou être relevés. On entendit des hommes se battre et mourir en chantant La Marseillaise, au milieu du fracas des explosions. Il y eut nombreux cas de morts d'épuisement. Même lorsqu'on sollicitait les blessés pour retourner au combat - faute de combattant - il y avait encore des volontaires. La nuit, les explosions, les balles traçantes et les fusées éclairantes faisaient que le champ de bataille était visible comme en plein jour. Les canons français tiraient tellement qu'ils étaient chauffés au rouge. Parmi les actes les plus héroïques, citons pour mémoire le combat désespéré de 10 soldats du 6e BPC qui résistèrent sans aucun soutien à des assauts viets pendant 8 jours. Au moment de déposer les armes, ils tenaient toujours...deux survivants...( les brigadiers Coudurier et Logier).

Concernant la logistique, l'aviation française fut nettement dépassée par l'ampleur de la tâche et dut faire appel aux Américains pour des parachutages de troupes et d’équipements avec les avions C117 Flying Boxcar du CAT (Civil Air Transport) du Général Claire Chennault. Plusieurs de ces avions furent abattus. C'est en fait à Dien Bien Phu que les Américains eurent leurs premiers militaires tués dans la péninsule indochinoise.

Le Général Giap donne une analyse des combats : Les militaires français " selon leur logique formelle, avaient raison ". " Nous étions si loin de nos bases, à 500 kilomètres, 600 kilomètres. Ils étaient persuadés, forts de l’expérience des batailles précédentes, que nous ne pouvions pas ravitailler une armée sur un champ de bataille au-delà de 100 kilomètres et seulement pendant 20 jours. Or, nous avons ouvert des pistes, mobilisé 260 000 porteurs - nos pieds sont en fer, disaient-ils - des milliers utilisant des vélos fabriqués à Saint-Étienne que nous avions bricolés pour pouvoir porter des charges de 250 kg. Pour l’état-major français, il était impossible que nous puissions hisser l’artillerie sur les hauteurs dominant la cuvette de Diên Biên Phu et tirer à vue. Or, nous avons démonté les canons pour les transporter pièce par pièce dans des caches creusées à flanc de montagne et à l’insu de l’ennemi. Navarre avait relevé que nous n’avions jamais combattu en plein jour et en rase campagne. Il avait raison. Mais nous avons creusé 45 km de tranchées et 450 km de sapes de communications qui, jour après jour, ont grignoté les mamelons. "

En manque de troupes, les Français organisèrent des recrutements de volontaires à Hanoï destinés à être parachuté sur Dien Bien Phu, alors que tout le monde savait la situation désespérée et la chute du camp imminente. Des centaines de personnes ont répondu présents à l'appel. L'ensemble était hétéroclite : de simples citoyens anonymes, militaires ou civils, des marchands, des employés, des fonctionnaires ont alors reçu leur équipement opérationnel. La plupart n'ayant jamais sauté en parachute de leur vie, voire jamais tenu une arme. Leur motivation était d'aller se battre "pour aider les copains" , "pour l'honneur". Dans la fureur des combats, et la confusion, certains ont raté leur largage et ont atterri chez l'ennemi.

Les défenseurs du camp ont jusqu'au bout espéré une intervention massive de l'aviation américaine pour briser l'encerclement, qui n'est jamais arrivée. Au mois de mai, les Viêt-Minh utilisent massivement des lance-roquettes multiples Katioucha sur la garnison, dont les effets sont dévastateurs.

Les soldats viêt-minh creusèrent sous Éliane 2 une longue galerie, pour y faire exploser plus de 900 kg de TNT. Le manque de munitions se fit criant au sein des troupes françaises, et la situation sanitaire était catastrophique. Un ordre écrit de cessez-le feu du Lieutenant Colonel Bigeard, fut porté au Lieutenant Allaire le 7 mai 1954 à Diên Biên Phu, sur position Eliane3 à 17h00; puis fut donné l'ordre général de détruire toutes les armes.

Il appartenait à la division 308 du Général Vuong Thua Vu de donner le coup de grâce à la garnison française, division d'infanterie qui a été de toutes les batailles en « hautes régions », des « désastres » de Cao Bang et Lang Son en 1950 jusqu'à celui de Điện Biên Phủ. Ce fut aussi cette division 308 qui est entrée la première dans Hanoi libéré en 1954. Au bout de 57 jours de combat, l'armée Viêtminh vient à bout de la garnison du camp retranché, le 7 mai 1954, à 17h30.

On notera que les troupes françaises ont bien reçu un ordre de cessation de combat faute de munitions et qu'elles ne se sont pas rendues.

Ce fut la bataille la plus longue, la plus furieuse, la plus meurtrière de l'après Seconde Guerre Mondiale, et l'un des point culminants de la Guerre Froide. On estime à près de 25 000 le nombre des Vietnamiens tués pendant la bataille. L'armée française compte 2 293 morts dans ses rangs mais, sur les 11 721 prisonniers de l'Union Française, valides ou blessés faits par le Vietminh, plus de 71% décèdent en captivité. L'ensemble des prisonniers (ainsi que les blessés) devra en effet, marcher à travers jungle et montagnes sur 700 km, et de nuit pour échapper aux avions français. Ceux qui étaient trop faibles mouraient ou étaient achevés. Puis ils ont été installés dans des villages sanctuaires, aux confins de la frontière chinoise, hors d'atteinte du Corps Expéditionnaire.

 

source : WIKIPEDIA.ORG

 

 

 

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Published by LCL MICHEL BRAULT - dans DEVOIR DE MEMOIRE
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