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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 10:03

 

C’est avec beaucoup de tristesse que j'ai appris le décès de notre camarade Jean Abonnenc et, au nom des combattants volontaires de la Drôme, j' adresse à son épouse Suzanne ainsi qu’à sa famille mes très sincères condoléances.

 

J’ai rencontré peu de fois Jean mais j’avais lu avec beaucoup d’intérêt, de respect et d’émotion «  pour l’amour de la France » et « pages choisies de Résistance ». C’est un grand homme qui nous a quitté, il a fait beaucoup pour la France et pour la liberté, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne pas, il restera dans nos mémoires.

 

Son action de résistant

Fils d'un meunier de Luc-en-Diois, requis pour  le STO en mai 1943, Jean Abonnenc se cache et trouve très vite le contact avec le réseau de Francis Cammaerts, qui le teste en l'envoyant porter des plis et recueillir des renseignements, avant de lui confier l'organisation du sabotage du pont de la Condamine en octobre 1943.  Toutes les facettes de cette période apparaissent : la préparation de la Libération avec les parachutages d'armes, la répression qui monte d'un cran et accroît les risques, obligeant à choisir les actions en fonctions des représailles possibles sur les civils, la puissance en même temps d'une résistance qui se sent suffisamment forte pour mener des opérations d'intimidations à l'égard des miliciens.

Puis c'est le tournant du 6 juin 1944, où Jean Abonnenc (surnommé "Loulet") reçoit l'ordre d'occuper des cols et d'investir des villages, mais comprend rapidement qu'il faut s'adapter à la réalité du terrain, refusant par la suite de monter au Vercors. La description de cette guérilla de l'été 1944 est précieuse par la complexité des situations qu'elle décrit : tout en se battant, il faut organiser le ravitaillement des maquisards, et même des populations de certains bourgs, se méfier des agents ennemis infiltrés, se coordonner avec les FTP. L'échange des renseignements et de matériel avec ceux-ci n'empêche pas de graves dissensions avec leurs chefs sur la répartition des territoires et des hommes. Menacé lui-même de mort en mai 44, Abonnenc apprendra pendant l'été l'exécution d'un de ses maquisards, considéré comme " déserteur " pour être passé des FTP à l'AS. 

Les représailles simultanées à l'opération contre le Vercors sont terribles et si les parents d'Abonnenc échappent par miracle à une descente des Allemands, le moulin et la maison familiale sont incendiés. Le Vercors est proche et l'action des maquis et des réseaux fait grand bruit. L'armée allemande réagit. Abonnenc et ses amis se replient pour mieux revenir et le 14 juillet 1944 Die proclamait la République. Le général Jean-Pierre de Lassus, chef des FFI de la Drôme et Francis Cammaerts, agent anglais et chef du réseau Buckmaster auquel appartient "Loulet" sont sur le pieds de guerre. Et c'est l'embrasement final dans lequel Jean Abonnenc montre tout son courage et sa détermination.

Bien après la guerre il deviendra président de la fédération des unités combattantes de la Résistance et des FFI de la Drôme. Il ecrira plusieurs livres dont "Pour l'amour de la France" et "Pages choisies de résistance".

Les funérailles de Jean Abonnenc auront lieu lundi 23 mai 2011 à 15h à la cathédrale de Die.

 

Historique de la Fédération. :
Après la Libération de la Drôme, en septembre 1944, les compagnies FFI et FTP de la Résistance sont dispersées. Des maquisards ont rejoint leur famille, mais beaucoup d'entre eux ont continué à servir dans les campagnes de Maurienne, des Basses-Alpes, dans les rangs de la 1ère armée française, sous les ordres du général de Lattre de Tassigny. Vers la fin de l'année 1945, la quasi-totalité de la Résistance retrouvait ses foyers.
Et déjà, en 1946, les responsables de la Résistance, Antoine et Benézech réunissent les anciens commandants des unités FFI, Bentrup, Chapoutat, Chrétien, Kirsch, Planas, Pons, Roger, les FTP, les Pionniers du Vercors, afin de lancer les bases d'une fédération départementale de la Résistance. Dans un compte rendu, le commandant Antoine écrit :
"II faut que les anciens de la Résistance se regroupent dans le but de défendre les intérêts de ceux actuellement déshérités. Il faut appliquer à l'entraide, la vieille formule : unis comme au combat."
.
Les années passent. Si la Résistance se réunit ponctuellement à l'occasion de rencontres entre anciens camarades de combat ou devant un monument aux morts, il faut attendre 1984 pour que ressurgisse l'idée de la création d'une fédération. Cette année là, le général de Lassus Saint Génies (colonel Legrand) propose une rencontre des membres de la Résistance à l'occasion du quarantième anniversaire des combats pour la Libération de la Drôme. C'est ainsi que 800 résistants se retrouvent au hameau de l'Escoulin qui fut un temps, lors de l'été 1944, le PC de Résistance de la Drôme. Pierre de Saint-Prix, préfet de la Libération, reparle de la création d'une fédération.
En 1984, le docteur Planas prend la présidence de la Fédération des FFI de la Drôme. Lucien Nicolas et René Combe en assurent les fonctions de secrétaire général et trésorier. En 1987, Jean Abonnenc assume, à son tour, la présidence. André Petit est à la fois trésorier et secrétaire général.
En 1990, Charles-André Lahmery (Bozambo) prend la présidence de la Fédération. Michel Ageron assume la fonction de secrétaire général, Fernand Boullon celle de trésorier. Enfin, Edmond Boissier devient trésorier particulier du mémorial de la Résistance.
Aujourd'hui c'est André Petit qui est le président.

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Published by LCL MICHEL BRAULT - dans ANCIENS COMBATTANTS
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