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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 15:21

La miniaturisation de nos armées répond à la réalité du désengagement des actions de masse comme aurait pu le développer la guerre froide à l’époque où chars et avions se collectionnaient à ne plus savoir où les parquer du seul fait de l’escalade et de la doctrine d’emploi d’alors.

Par Jean-marc Trappler

La masse opposée à la masse, tout en finesse avec nos ennemis d’hier les soviétiques. De cette époque il nous reste la dissuasion nucléaire qui, si elle n’avait pas été pensée et conçue dans le cadre mégatonnique de l’époque n’aurait vraisemblablement, dans des conditions actuelles, pas vu le jour. Peaufinons là. Pas sûr qu’un jour nous n’ayons pas à la ressortir. A cette époque, il y a un tiers de siècle, le grand nombre comptait davantage que la miniaturisationd’aujourd’hui. Depuis, rationnellement, légitimement, nous avons dégraissé, liquidé le service national, désencaserné les esprits pour davantage de volatilité et toujours moins de moyens, le spectre du grand affrontement définitivement banni de notre problématique de défense. En regroupant nos forces et mutualisant leurs moyens, plus à des fins économiques que stratégiques, nous nous sommes peut-être, sans le vouloir vraiment, engagés sur la bonne voie.

Peu mais fort et opérationnel.

Réintégré dans l’OTAN, l’outil de défense français est, en Europe, l’un des mieux pensé et des plus opérationnel avec celui des Britanniques, seul véritable noyau sans le fruit, d’une défense européenne velléitaire privée de doctrine et très vite désunie. L’opération libyenne venant de le démontrer, l’Allemagne criant « Nein ! », pas avec l’Europe mais « Ja ! » avec l’OTAN !

Avec nos amis Anglais nous avons démontré que nous sommes capables d’agir seuls et rapidement. Il ne s’agit pas, dans ce billet, de juger de notre capacité militaire à agir seul ou seuls avec nos amis, car nous savons que ce n’est désormais – et pour toujours – plus possible mais de souligner notre capacité opérationnelle de déclencher une action militaire dans des temps record, ce qui n’est pas forcement le cas de l’OTAN, relai plus lourd à mettre en œuvre mais sans lequel l’Europe ne peut mener d’action complexe.

Notre ennemi est budgétaire, il est politique aussi. Tant que les besoins militaires ne se feront pas sentir, on estropiera nos forces, on rognera sur les équipements, on rognera partout et « small » ne sera plus « beautiful » et il sera trop tard. Les bases USA quitteront l’Europe pour l’Asie, c’est écrit, et les forces européennes seront bien obligées de combler le vide militaire à moins de devenir une immense baudruche touristique et rien d’autre. Nous ne pourrons vivre sereinement sans sécurisation de notre environnement, méditerranéen en particulier, l’actualité venant de nous en donner quelques exemples. La défense européenne devrait logiquement ressortir des cartons car, si l’air est au désarmement et à la miniaturisation, les capitaux investis dans les industries de défense, en Europe, restent consistants, le volet export cumulé des européens laisse entrevoir de belles retombées pour le projet ; mais quid de la volonté politique ? Affaire à suivre, par les générations futures...

L’Europe se veut un havre de paix mais sans capacité militaire elle risque de n’être demain qu’un mât de cocagne décharné, totem branlant d’une civilisation finie.

Revenons en France.

Les budgets des armées ont été malmenés par le président Sarkozy. Les rentrées prévues, celles, en particulier, des cessions immobilières, ont été surestimées et notre réintégration à l’OTAN n’a pas été provisionnée. La miniaturisation, la mutualisation n’ont de sens que si elles ont les moyens opérationnels d’exister. Ce n’est déjà pas le cas, la situation est tendue et, sur trois fronts à la fois, nos limites sont déjà atteintes au risque de priver nos armées de rallonges nécessaires à leur maintien opérationnel. Nous avons miniaturisé à l’extrême, faire davantage de coupes serait suicidaire et sectionnerait de fait, les ailes de notre diplomatie privée d’un indispensable levier militaire crédible . Nous avons de fait, deux armées, l’une en OPEX couteuse et convenablement équipée, qui guerroie et perd des hommes, l’autre, encasernée, privée de moyens et qui se morfond. Gardons nous de nous découvrir, nous sommes détenteurs de merveilles technologiques militaires couteuses mais nécessaires à notre sécurité : drones, missiles antimissiles, observation spatiale. Conservons intacts les crédits de leur maintien opérationnel et nécessaires améliorations. Gardons l’âme de la cavalerie, celle de Murat, en capacité d’intervenir immédiatement en se suffisant à elle-même le temps que l’Alliance atlantique s’ébroue.

Nos généraux n’ont plus guère de renommée, fautes d’exploits et de batailles ? Pas seulement. On ne les entend pas. On ne les connait pas. Ils ont pourtant, lorsqu’on les approche, du charisme et une belle dimension intellectuelle, dommage qu’ils ne s’exposent pas davantage. Mais chut… Officiellement ils n’ont rien à dire, muets comme des carpes … Tandis que des « spécialistes » caquettent à tout va dans les médias...

 

Source : Defense info

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Published by LCL MICHEL BRAULT - dans DEFENSE NATIONALE
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