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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 10:21

mali-helico-puma mAu Mali, une guerre peut en cacher une autre...

Dans le nord du pays, chacun mène la sienne : la France combat les groupes armés terroristes (GAT) et le gouvernement de Bamako affronte les séparatistes touareg. Tout le monde fait semblant d'être embarqué dans la même affaire, mais il arrive un moment où la contradiction éclate au grand jour. Depuis samedi, nous y sommes.

La visite du Premier ministre Moussa Mara, 39 ans, dans la ville de Kidal, a en effet viré au drame humain et politique, à la suite d'affrontements avec les miliciens du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), une organisation touarègue. Difficile à confirmer, le bilan serait de plus d'une trentaine de morts, dont deux préfets, quatre sous-préfets et huit militaires maliens. Une trentaine de fonctionnaires ont été pris en otages par le MNLA, qui aurait perdu plus d'une vingtaine d'hommes - chiffre qu'il conteste. Le Premier ministre Moussa Mara a dû se réfugier dans un camp de l'armée malienne au nord-est de la ville, avant de demander l'assistance de l'armée française pour assurer sa protection. Le MNLA assure contrôler désormais l'agglomération de Kidal et ses 25 000 habitants, à 1 200 kilomètres de la capitale Bamako. Moussa Mara a vivement réagi, déclarant que « la République du Mali est dorénavant en guerre » contre le MNLA, alors que dans un entretien téléphonique avec son homologue IBK, François Hollande apportait son soutien aux autorités du pays, en condamnant ces « violences inacceptables ».

L'Elysée ne pouvait pas faire moins, mais la dégradation soudaine de la situation inquiète sérieusement Paris. Comme l'Opinion le révélait dès janvier dernier, la lune de miel entre la France et le nouveau pouvoir malien, issu du succès militaire de l'opération française Serval, n'a pas survécu à l'enlisement du processus de «réconciliation nationale» entre le pouvoir et les populations du Nord. La signature de l'accord de défense entre la France et le Mali a été repoussée à plusieurs reprises, même si elle pourrait intervenir à l'occasion de la visite du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, dimanche et lundi prochains. Semaine après semaine, les autorités françaises constatent un fait désagréable : elles n'ont pas le même objectif stratégique que le gouvernement malien.

Pour Paris, la priorité est de détruire les Groupes armés terroristes (GAT), c'est-à-dire les différents mouvements djihadistes (Aqmi, Mourabitounes, Mujao...) qui opèrent dans cette vaste zone désertique. Avec l'appui du renseignement américain, l'armée française s'y emploie avec de vrais succès, comme la mort de «Barberousse», un lieutenant de Mokhtar Belmokhtar.

Bamako mène une autre guerre, qui remonte aux premiers jours de l'indépendance du Mali, pour assurer la souveraineté et l'intégrité de son territoire. Son ennemi, ce sont les mouvements autonomistes ou séparatistes, actifs dans tout le nord du pays habité par des populations différentes (Touareg, Maures, Arabes, Peuls...). Une première rébellion avait été écrasée dans le sang en 1962-64, mais une autre génération a pris le relais à partir de 1990. Depuis lors, aucune solution politique durable n'a été trouvée et malgré les accords de Ouagadougou en juin 2013, les événements de samedi montrent qu'on en est toujours loin. Sur fond de rivalités et de peurs ancestrales entre populations, Bamako défend un vision très jacobine de l'Etat malien, alors que le nord, qui s'estime négligé par le pouvoir, rêve de son propre Etat baptisé Azawad. C'est un dialogue de sourds.

Paradoxalement, pendant de longues années et jusqu'à l'effondrement de l'Etat en 2012, l'ancien président ATT au pouvoir à Bamako, était beaucoup plus tolérant avec les groupes djihadistes, comme Aqmi, auxquels il avait concédé un véritable sanctuaire dans le nord. Souvent d'origine étrangère, les djihadistes y ont fait souche en passant des alliances complexes avec les populations et les mouvements locaux. Mais durant la reconquête du Nord par l'armée française, au premier semestre 2013, le MNLA s'était tenu à l'écart des groupes djihadistes, contrairement à d'autres organisations, comme Ansar Dine. La France avait même envoyé quelques officiers de liaison auprès de lui, le laissant finalement se réinstaller à Kidal, tout en appelant à un dialogue politique. Aujourd'hui, celui-ci est dans l'impasse et la stratégie française au Mali ne se porte guère mieux.

 

Source : Jean Dominique Merchet - L'Opinion

 

 

 

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Published by LCL MICHEL BRAULT
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