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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 20:30

PREMIER ARRÊT : LE PONT DE LIVRON

C'est monsieur Maurice Brunet, membre du commando Faure qui nous a expliqué les circonstances de la destruction du pont de Livron, l'une des plus importantes actions effectuées par les FFI dans le sud de la France.
Lorsqu'il est entré dans la Résistance, m. Brunet n'avait que vingt ans et il était guidé par deux motivations : il voulait rejoindre la lutte contre l'occupant nazi, il ne voulait pas partir au STO. (Sandra)
Le commandant des FFI Legrand envoie un message à Henri Faure (ou Albert) dirigeant une vingtaine d'hommes :
" 15 août - 16 heures 30- commandant Legrand à Albert. Ordre : Faites sauter le pont routier de Livron. Rendez compte de l'exécution. "


Maurice Brunet sur le pont de Livron


La mission dévolue aux FFI de la Drôme était de stopper la remontée des troupes allemandes vers le nord, après le débarquement de Provence, ainsi que d'éviter que tout renfort leur parvienne. Ce pont est d'une importance stratégique évidente : construit de grosses pierres de taille, il entre dans la catégorie " charge illimitée ". Il est encadré au nord et au sud par deux postes allemands, dont une batterie de DCA pour le protéger des bombardements.
Cette opération ayant été programmée depuis juillet, une grande quantité d'explosifs avait été réunie, enterrée par monsieur Pierre Chabanne dans sa ferme de Soulier. Un premier repérage a donc été effectué par Henri Faure pour préparer ce sabotage périlleux : il est impossible de faire sauter cet ouvrage par-dessous ; c'est donc par le dessus que se dérouleront les opérations. C'est à proximité des deux postes allemands que les résistants devront accomplir cet acte. 
Henri Faure ne prévient et rassemble ses hommes que le 16 août, pour éviter toute fuite, bien que son équipe soit constituée essentiellement de membres du SAP (Section d'atterrissage et de parachutage). La vingtaine de volontaires, hommes âgés de 20 à 40 ans, se répartit la charge d'explosif. Mais de mauvaises nouvelles leur parviennent : une armée allemande se replierait vers Orange, et, vers 16 heures, de nombreux véhicules sont arrêtés autour du pont. Heureusement, il n'y en a plus trace à 19 heures. 
A 22 heures, tous sont rassemblés à la ferme Brunel, à trois kilomètres du pont. Tout a été prévu. Personne n'a de pa piers d'identité sur soi, pour interdire les représailles sur les familles et les villages en cas d'arrestation. Les consignes sont parfaitement connues : ne jamais tirer les premiers, laisser passer les véhicules… Si la mission échouait, l'aviation alliée bombarderait le pont, avec toutes les lourdes conséquences que cela impliquerait pour les populations civiles. 
A 22 heures 30, ils atteignent le pont. L'accès est libre, chacun peut effectuer sa mission. Face au poste allemand, un groupe de protection se met en place, dont M. Brunet fait partie, caché derrière un fort opportun tas de gravier, au nord. Lorsque le groupe de protection sud est en place, le reste du commando peut longer le parapet de pierre et commencer à forer les trous de mines en protégeant les barres avec des chiffons pour réduire le bruit. Pour déposer le plastic, deux puits sont nécessaires, à six mètres de distance, ce chaque côté du pont. Les charges posées, les trous rebouchés, le groupe sud rejoint le groupe nord, près du tas de gravier. C'est presque terminé, tout le monde est à l'abris.



Les résistants allument la mèche et se retirent le plus rapidement possible. Un éclair, puis une énorme déflagration suivent ; le sol tremble, une volée de pierres s'abat. L'une des arches a disparu sur 27 mètres de longueur. 
C'est une réussite incontestable : les allemands ne peuvent plus passer et les ponts mobiles de leurs services de génies n'atteignent pas une telle longueur. Alger est avertie par radio. 
Ces " terroristes " avaient accompli un bel ouvrage, au péril de leur vie, avec des résultats non négligeables pour la libération de la France, en ces 16 et 17 août 1944. (Éléonore)

 

Les obsèques de Maurice Brunet auront lieu à Crest, à Vallon funéraire, à 14h30 le vendredi 13 janvier 2012

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Published by LCL MICHEL BRAULT - dans ANCIENS COMBATTANTS
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