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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 10:16

Le général Bertrand Ract-Madoux, chef d'état-major de l'armée de terre (cemat) s'inquiète du niveau de l'entraînement de ses troupes, "la préparation opérationnelle" en langage maison. Il l'a dit clairement aux députés de la commission de la défense.

L'équation est simple : que fait un miliaire lorsqu'il n'est pas en opération ? Il s'entraine pour y aller. Sinon, il s'ennuie et regarde ailleurs. Ou perd progressivement son savoir-faire, ce qui est dangereux lorsqu'il repartira.

Or, constate le Cemat, "les ressources strictement indispensables à la préparation des opérations ont aujourd’hui atteint un niveau plancher qui peut menacer à court terme la préparation opérationnelle de nos forces", qui ajoute que "l’inquiétude de ne pouvoir maintenir le niveau seuil de préparation opérationnelle de l’armée de terre est réelle"

La réduction du nombre de militaires en opex, avec le départ programmé de l'Afghanistan par exemple, va automatiquement réduire le nombre de "journées d'activité opérationnelle" (JAO) , qui doivent être compensées par des "journées de préparation opérationnelles" (JPO). JAO + JPO forment les JPAO - la mesure de l'activité opérationnelle réelle du militaire.

"L’allègement des opérations engendre mécaniquement une diminution du nombre de jours d’activité opérationnelle (JAO) sur les théâtres et une certaine perte de savoir-faire. Celle-ci devra être de facto compensée par un entraînement plus soutenu et donc par une augmentation des journées de préparation opérationnelles (JPO) conduites en métropole notamment. Or, je constate que le budget 2012, à enveloppe globalement constante – autour de 128 millions d’euros – traduit parallèlement une diminution du nombre de jours de préparation et d’activités opérationnelles avec 111 jours en 2012 contre 120 jours en 2010, 116 jours en 2011, et nous craignons d’atteindre les 105 jours en 2013. L’armée de terre s’éloigne ainsi de la cible des 120 JPAO qui est le niveau adéquat pour la préparation opérationnelle et qui faisait, jusqu’à présent, consensus". Une manière bien élevée de dire que ces 120 jours sont aujourd'hui contestés pour des raisons budgétaires...

Non seulement; la préparation opérationnelle influe sur la qualité de l'armée française, mais elle est un atout pour conserver les jeunes engagés, qui veulent du terrain. Comme l'explique le Cemat, "cette question de l’entraînement est pour moi un sujet particulièrement préoccupant car elle a un impact direct sur l’intérêt, l’attractivité même du métier et partant de là, sur la fidélisation".

Or, celle-ci, même si elle s'est récemment améliorée, n'est pas excellente. A peine un Evat sur trois renouvelle son contrat. "Le taux de renouvellement du premier contrat progresse mais reste encore un peu en dessous des objectifs. En effet nous nous situons à présent à 36 %, la cible étant de l’ordre de 40 %." Ce turn-over excessif coute cher : chaque départ entraine des frais de recrutement, formation et reconversion.

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 14:29

26 octobre 2011 – 11:38

Le budget opérationnel de programme de l’armée de Terre (BOP Terre) devrait diminuer de 9% en 2012 par rapport à l’année précédente, ce qui représente 789 millions d’euros en moins, notamment en raison d’une réduction prévue de plus de 16.000 postes.

Mais pour le général Ract-Madoux, le chef d’état-major de l’armée de Terre (CEMAT), les moyens alloués aux forces terrestres ont atteint un minimum. « J’estime pourtant que les ressources strictement indispensables à la préparation des opérations et à la conduite de la réforme ont aujourd’hui atteint un niveau plancher qui peut menacer à court terme la préparation opérationnelle de nos forces » a-t-il affirmé devant les députés de la Commission de la Défense, le 19 octobre dernier.

Par ailleurs, le CEMAT se dit « préoccupé par les contraintes pesant sur le programme 146 portant sur l’équipement des forces et, comme les années précédentes, par les ressources attendues du programme 212 pour les infrastructures », malgré les « efforts notables de cette législature pour préserver les budgets de la défense ».

Normalement, et avec le début du retrait des forces françaises d’Afghanistan, il devrait y avoir moins de militaires engagés dans des opérations extérieures à partir de l’an prochain. Et pour le général Ract-Madoux, cela aura deux conséquences.

D’une part, selon lui, « l’allègement des opérations engendre mécaniquement une diminution du nombre de jours d’activité opérationnelle (JAO) sur les théâtres et une certaine perte de savoir-faire ». Il faudra donc augmenter les journées de préparation opérationnelles (JPO), autrement dit l’entraînement, pour compenser afin de maintenir les forces à niveau.

Or, le nombre de jours de préparation et d’activités opérationnelles sera en diminution en 2012, passant de 116 à 111, avec le risque qu’il atteigne 105 l’année suivante. D’après le CEMAT, l’on « s’éloigne ainsi de la cible des 120 JPAO qui est le niveau adéquat pour la préparation opérationnelle et qui faisait, jusqu’à présent, consensus ».

« Cette question de l’entraînement est pour moi un sujet particulièrement préoccupant car elle a un impact direct sur l’intérêt, l’attractivité même du métier et partant de là, sur la fidélisation » a souligné le général Ract-Madoux.

La seconde conséquence de la baisse des effectifs projetés en opération extérieure concerne la Politique d’emploi et de gestion des parcs (PEGP). D’après le CEMAT, « si nous procédons au rapatriement de matériel depuis les théâtres d’opération, ce matériel devra dans un premier temps être remis en état et ne sera donc pas instantanément disponible pour permettre l’instruction et l’entraînement de nos forces. »

Et la question des équipements est l’autre préoccupation du général Ract-Madoux. Si l’armée de Terre poursuit le renouvellement de ses matériels avec l’arrivée dans les unités des système FELIN, des VBCI (véhicule blindé de combat d’infanterie), des PVP (Petit Véhicule Protégé), des hélicoptères Tigre et NH-90 et des missiles Javelin, il n’en reste pas moins qu’il reste encore des efforts à accomplir pour que tous les régiments concernés soient dotés comme prévu.

A cela s’ajoute la nécessité de remplacer les Véhicules de l’avant-blindé (VAB) par le VBMR (Véhicule blindé multirôles), ainsi que les chars légers AMX-10 RC et les ERC-90 Sagaie par l’EBRC (engin blindé de reconnaissance et de combat), dans le cadre du programme Scorpion.

Aussi, tout en soulignant que le niveau des crédits alloués à l’armée de Terre pour l’acquisition d’équipements majeurs est « toujours resté en déçà de la barre des 20% » sur la période 2005-2012 et que l’effort recommandé par le Livre blanc sur la Défense et la sécurité nationale sa faveur a été « lissé » alors qu’elle représente 50% des effectifs des forces armées et 80% des personnels déployés en opération extérieure, le général Ract-Madoux a estimé que la « loi de programmation militaire en cours, censée porter l’effort pour les forces terrestres, n’aura finalement fait qu’initier la modernisation de l’outil de combat aéroterrestre ».

« Si cette tendance se confirme, cela pourrait signifier que la France renonce à une partie de son ambition pour l’armée de terre. Il faut donc que son budget conserve la place qui lui revient raisonnablement » a-t-il affirmé.

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 14:25

Puisque "la menace d'attaques organisées contre la population civile a disparu", comme l'a déclaré, lundi, le général canadien Charles Bouchard, qui dirige l'opération Protecteur unifié depuis Naples (Italie), le dispositif militaire allié va être revu à la baisse.

L'EMA a ainsi annoncé un "redéploiement des moyens français en France, où ils restent en alerte, prêts à être réengagés dans les opérations en Libye en cas de besoin." Selon les éléments diffusés par l'EMA (cliquer ici pour aller le site de l'EMA), le dispositif militaire français s'articule désormais autour :

-  d'un dispositif sur zone :

  • 16 aéronefs déployés à La Sude (6 Mirage 2000D et 4 Mirage 2000N) et à Sigonella (5 Rafale et un drone Harfang) ;
  • un bâtiment engagé au sein de la force navale de l'OTAN.

-  d'un dispositif d'appui et de soutien qui opère depuis la France (E3F et C135F) ;

-  d'un dispositif en alerte en France :

  • une force navale, la TF 473, avec son état-major, le BPC Tonnerre, un groupe aéromobile, un plot RESCO, deux frégates, un SNA et un bâtiment de soutien ;
  • un détachement de Mirage 2000D et un détachement de Mirage 2000N ;
  • un ATL2.
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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 14:17

Au cours des derniers jours, des collègues, des militaires et d'autres contacts m'ont fait parvenir un article écrit par mon confrère Yves Debay (Assaut) sur mes deux confrères de France2 capturés en Afghanistan: Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, libérés après 18 mois de captivité en Kapisa.

Je ne suis pas du genre à réagir de façon corporatiste et je reconnais volontiers qu'il y a, dans chaque profession (même chez les militaires et les journalistes), des bons et des moins bons. Dans cette affaire, deux collègues ont voulu faire leur boulot et un autre a exprimé ce qu'il pensait. Finalement, on pourrait dire que tous ont raison.

Pour moi, tous ont tort:
- tort d'affirmer pour les uns qu'ils n'avaient pas été prévenus. Nous, journalistes qui nous rendons en Afghanistan, devons être accrédités et nous remplissons et signons un nombre impressionnant de documents dont certains nous précisent explicitement les risques afghans. Des risques qui sont suffisamment nombreux pour ne pas en rajouter d'autres par imprudence.
- tort pour l'autre de mettre de l'huile sur le feu, d'attiser la polémique sur la capture de ces deux journalistes et d'exacerber la méfiance entre la presse et les militaires. Certains commentaires que j'ai reçus, ajoutés à l'envoi de l'article d'Yves Debay, témoignent d'une réelle hargne envers les "pisse-copie" et autres joyeux surnoms. L'article du red-chef d'Assaut va conforter ceux qui nourrissent de la rancœur ou même de l'hostilité à l'encontre de la presse qui a déjà assez de mal à faire son travail en Afghanistan.

Au final, je renvoie dos à dos, deux imprudents et un sanguin.

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 19:46

 

Lettre adressée le 13/10/2011 par Monsieur Daniel Mach, député des Pyrénées orientales, aux présidents des associations d'anciens combattants concernant la revalorisation de la retraite du combattant.

 

 

Madame la Présidente, Monsieur le Président,

Par ia Présente, je me permets de vous hansmethe une information de la plus haute importance pour le monde

combattant.

Le projet de loi de finances a été présenté fin septembre, en Conseil des Ministres. En ce qui concerne plus

sPécifiquement le budget des anciens combattants, il m'est agréable de vous annoncer qu'il contient une revalorisation

de quahe Points de la retraite du combattant ur, 1"' luillet 2012. Ainsi, tel que l'ont indiqué les lapporteurs sur ce

budget à l'Assemblée Nationale, l'engagement pris en 2007 par le Président de la République et la majorite

présidentielle de porter à 48 points d'indice la retraite du combattant d'lci 201.2 sera tenu. L'indice aura de la sorte

augmenté de plus de dix points en llespace de cinq ans, alors qu'il était demeuré inchangé de7978 à 2006.

Espérant sincèrement que ces élémenb seront de nature à vous apporter satisfaction et vous remerciant de bien

vou-loir les diffuser auprès de vos adhérents, je vous prie de croire, Madame la Présidente, Monsieur le Président, à

mes salutations les plus sincères.

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Published by LCL MICHEL BRAULT - dans ANCIENS COMBATTANTS
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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 21:44

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Le 23 octobre 1983, 6h30 du matin : un double attentat frappe la Force multinationale de sécurité à Beyrouth. En quelques secondes, 241 marines américains et 58 parachutistes français sont tués. Le poste Drakkar, occupés par les paras du 1er RCP, vient de subir  la frappe la plus terrible contre l'armée française depuis les affrontements de la décolonisation. 

Bruno Racouchot était alors officier au 6e RPIMa. Il nous a aimablement autorisé à reproduire le texte d'hommage en annexe, initialement paru dans le cadre du très confidentiel "Club des chefs de section paras au feu". Qu'il en soit ici remercié. 

 

 

 

23 octobre 1983, Beyrouth, 6h30 du matin, Drakkar est rayé de la carte 

Le 23 octobre 1983, les parachutistes français présents à Beyrouth dans le cadre de la Force Multinationale de Sécurité, étaient victimes d'un attentat. 58 d'entre eux devaient trouver la mort dans l'explosion du poste "Drakkar". Le texte d'hommage qui suit a été publié dans le cadre du Club des chefs de section paras au feu, qui compte quelques anciens de cette mission sanglante, depuis le Général François Cann, alors à la tête de la force française, et le Général Paul Urwald, qui commandait alors le 6e RIP, jusqu'au benjamin du Club, Bruno Racouchot, officier-adjoint d'une des quatre compagnies déployées à Beyrouth-Ouest. Plus particulièrement en charge de la section de protection du PC du 6e RIP, Bruno Racouchot décrit la configuration extrêmement délicate et sanglante dans laquelle furent alors plongés les parachutistes français.

 

Rappel du contexte historique 

En juin 1982, Israël lance l'opération "Paix en Galilée", envahit le Sud-Liban et entreprend fin juin-début juillet l'assaut de Beyrouth-Ouest où les Palestiniens sont encerclés dans une nasse, les Syriens refusant de les accueillir sur leur territoire. Un cessez-le-feu est appliqué début août. La communauté internationale, soucieuse d'éviter des affrontements sanglants, décide d'intervenir. Sous la protection des parachutistes français, soutenus par les soldats américains et italiens, les forces palestiniennes sont exfiltrées en douceur. De 500.000 à 600.000 Palestiniens restent dans les camps. 

Le 23 août, Béchir Gemayel est élu Président du Liban. Le 15 septembre, il est assassiné. Israël investit Beyrouth-Ouest. Du 16 au 18 septembre ont lieu les massacres de populations civiles dans les camps de Sabra et Chatila, où des centaines de civils palestiniens sont tués. Le 21 septembre, Amine Gemayel, frère aîné de Béchir, est élu président. Le 24 septembre, pour répondre à une opinion internationale scandalisée par les tueries dont les Palestiniens ont été victimes, une Force Multinationale de Sécurité à Beyrouth est créée, intégrant des contingents français, américains, italiens et une poignée d'Anglais. 

Dès lors, au Liban, la situation ne cesse de se dégrader. Massacres de populations civiles et attentats se multiplient. Les soldats de la Force Multinationale sont victimes d'innombrables attaques et de bombardements. Si les Américains sont cantonnés à l'aéroport et les Italiens en périphérie de la ville, si les Anglais se contentent de mener des missions de renseignement avec un escadron spécialisé, les Français, eux, reçoivent la mission la plus délicate, au cœur même de Beyrouth. 

Tous les quatre mois, les contingents sont relevés, souvent avec des pertes sévères. En septembre 1983 a lieu la relève pour les légionnaires français installés à Beyrouth, remplacés par les parachutistes de la 11e Division parachutiste. C'est l'opération Diodon IV, qui deviendra l'engagement le plus sanglant pour l'armée française depuis les guerres coloniales. Le 3e RPIMa s'installe en secteur chrétien, dans la perspective d'une offensive face au "Chouf", pour pacifier la montagne où les Druzes s'en prennent violemment aux chrétiens. Des éléments du GAP, 1er RHP, 17e RGP, 12e RA, 35e RAP, 7e RPCS et le commando marine Montfort sont également à pied d'œuvre. 

Le secteur le plus dangereux, celui de Beyrouth-Ouest, est dévolu à un régiment de marche, le 6e RIP, Régiment d'Infanterie Parachutiste, qui a pour mission principale la protection des populations civiles palestiniennes traumatisées des camps de Sabra et Chatila. Ce régiment, placé sous le commandement du colonel Urwald, a été formé spécialement pour cette opération, et est constitué de quatre compagnies de parachutistes : deux compagnies du 6e Régiment de Parachutistes d'Infanterie de Marine basé à Mont-de-Marsan, une compagnie du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes basé à Pau, une compagnie du 9e Régiment de Chasseurs Parachutistes basé à Pamiers.

 

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Le quotidien d'un chef de section para au feu 

C'est une vraie leçon de vie dont vont bénéficier les jeunes chefs de section plongés dans la fournaise de Beyrouth. Les Américains sont à l'époque encore sous le coup de la chute de Saïgon survenue à peine huit ans plus tôt. Ils sont repliés sur l'aéroport, ne sortant quasiment pas de leurs abris, usant de M113 pour traverser le tarmac de l'aéroport. Sous des tirs d'artillerie incessants, en septembre 1983, nos jeunes paras ont remplacé les légionnaires. A la différence des professionnels du 3e RPIMa, d'où viennent-ils ces jeunes du 6e RIP ? Ce sont pour la plupart des appelés, d'un genre un peu particulier cependant. Volontaires TAP, volontaires outre-mer, volontaires service long, pour beaucoup d'entre eux, ils ont déjà bénéficié d'une solide formation et ont effectué des "tournantes" hors métropole. 

Mentalement et physiquement préparés, ils pressentent cependant dès leur arrivée que cela va être dur, très dur même. Mais ils vont faire front et s'adapter. Avec modestie, calme, détermination. Certes, en débarquant, chacun d'entre eux éprouve l'étrange picotement qui monte le long de la colonne vertébrale. Heureusement, ils ont à leurs côtés les "anciens", à peine plus âgés qu'eux, qui ont "fait" le Tchad, la Mauritanie, le Zaïre, Djibouti, et pour certains déjà, le Liban… Tous ces noms de TOE lointains les ont fait rêver à l'instruction, quand ils n'avaient déjà qu'un souhait, se montrer à la hauteur de ceux qui les avaient précédés sous le béret rouge. Aujourd'hui, le rêve se trouve enfin confronté brutalement à la réalité. 

Beyrouth est un piège monumental. On a beau avoir bourlingué, on a beau avoir entendu tirer à ses oreilles, quand on est un jeune chef de section, débarquer dans un tel univers constitue une épreuve d'ordre quasiment initiatique. On n'ose pas le dire, mais on le ressent d'emblée jusqu'au tréfonds de soi. Avec la secrète question qui taraude et que l'on n'ose pas exprimer : saurai-je me montrer digne de mon grade et de mon arme ? Ce sont d'abord les missions ordinaires, protection des postes, ravitaillement, reconnaissance, tâches d'entretien peu glorieuses mais tellement nécessaires, que l'on accomplit sereinement parce que même si le contexte est moche, on leur a appris à être beaux. Les jeunes paras mûrissent vite. Les visages se creusent, le manque de sommeil se fait vite sentir. Paradoxalement, les relations soudent les esprits et les corps. De secrètes complicités se nouent. Plus besoin de longs discours, les ordres s'exécutent machinalement, avec un professionnalisme qui prouve que, par la force des choses, le métier des armes entre dans la peau de chacun. 

 

L'ennemi est partout et nulle part 

Le jeune chef de section apprend très vite à connaître son secteur. Il a la chance d'avoir à ses côtés des hommes décidés encadrés par des sous-officiers d'élite, totalement dévoués à leur tâche. Il rôde, de jour comme de nuit, pour imprimer dans ses neurones les itinéraires, les habitudes, les changements de comportements. Rien n'est anodin. Il sait qu'il lui faut lier connaissance, observer, échanger, parler, surveiller, lire, écouter… Pas de place pour la routine. Plus que jamais, il faut faire preuve d'initiative, agir à l'improviste, sortir des postes, aérer les périmètres de sécurité, ne pas céder à la tentation mortelle de se recroqueviller dans les postes, derrière les sacs de sable et les merlons de terre. Des milliers d'yeux observent les paras français depuis les tours qui encerclent les positions. Ici, l'aspect psychologique est capital. On est en Orient. Il n'est pas permis de perdre la face. Les Français ont des moyens dérisoires en regard de leurs adversaires potentiels ou des grands frères américains, qui peuvent d'un simple appel radio, déclencher la venue de norias d'hélicoptères. En revanche, les Français savent s'immerger dans la population. Ils mangent comme le Libanais de la rue, se mélangent aux civils qui déambulent dans des marchés grouillants. Savoir se faire apprécier, c'est se faire respecter. Un sourire généreux sur une face de guerrier, c'est rassurant. Ça prouve la force plus que les armes. C'est cette stature des paras français qui fait très vite leur réputation dans la population. 

Ce profil si particulier des soldats français, ce sont les chefs de section et les sous-officiers qui l'impriment à leurs hommes. Quels que puissent être les risques, ils ne changeraient leur place pour rien au monde. Ils savent qu'ils vivent une aventure inouïe, où chacun va pouvoir aller à l'extrême limite de ses possibilités. Le chef de section para a beau n'avoir que vingt-cinq ou trente ans, il sait qu'il passe là une épreuve pour laquelle il s'est préparé depuis des années ou depuis toujours, celle du feu. Il devine intuitivement qu'il va peut-être lui être donné d'accéder à une autre forme de connaissance de la vie, qu'il va opérer une mue intérieure subtile que seuls "ceux qui savent" et les anciens comprendront. Il sait qu'il reviendra de Beyrouth, "pareil sauf tout"… Ceux qui ont lu Ernst Jünger savent ce qu'il entend quand il parle de "La Guerre, Notre Mère"…. Drakkar va littéralement "sublimer" cet état d'esprit. 

 

L'épreuve 

Deux jours avant Drakkar, le 21 octobre 1983, je suis désigné pour conduire, avec le capitaine Lhuilier, officier opération du 6e RIP, un entraînement commun de la Compagnie Thomas du 1er RCP avec les marines américains à l'aéroport. Il faut bien que la connaissance de la langue de Shakespeare serve à quelque chose… Lhuilier est une figure des paras-colos. Il a eu son heure de gloire avec le 3e RIMa au Tchad quelques années avant, où coincé dans une embuscade, il a fait monter sa compagnie à l'assaut des rebelles, baïonnette au canon, en chantant "La Marie"… Dans l'épreuve qui se profile à l'horizon, il va se révéler un roc inébranlable. 

Marines et paras français au coude à coude à l'entraînement… Comment imaginer en voyant tous ces grands gaillards crapahuter dans la poussière et se livrer à des exercices de tir rapide, que la plupart d'entre eux reposeront bientôt dans un linceul de béton ?... Mis en alerte le samedi soir, nous dormons tout équipés sur nos lits de camp, l'arme à portée de main. On entend bien des explosions, des tirs d'artillerie sporadiques. Des rafales d'armes automatiques titillent les postes. Mais va-t-on s'inquiéter pour si peu ? 

Dimanche 23 octobre 1983, 6h30 du matin. L'aube se lève. D'un coup, une explosion terrible, une lourde colonne de fumée qui s'élève plein sud dans le silence du dimanche matin. L'aéroport et les Américains sont mortellement touchés. Puis une minute après, encore une autre, plus proche cette fois, d'une puissance tout aussi ahurissante. On entend en direct sur la radio régimentaire que Drakkar a été rayé de la carte. Ce poste était occupé par la compagnie du 1er RCP commandée par le capitaine Thomas, dont heureusement un détachement était de garde à la Résidence des Pins, le QG français. Bilan des deux attentats : 241 marines et 58 paras français sont tués, sans compter d'innombrables soldats grièvement blessés, évacués en urgence en Europe. 

Dès la première explosion, chacun a bondi à son poste. On comprend d'emblée que c'est terrible. Les ordres fusent à toute vitesse. Des équipes partent pour le lieu de l'attentat, les autres sécurisent les postes. Chacun sait ce qu'il a à faire. On est sous le choc, mais le professionnalisme l'emporte. La mécanique parachutiste, répétée inlassablement à l'entraînement, montre ses vertus en grandeur réelle. On va faire l'impossible pour sauver les camarades. Malheureusement, beaucoup sont déjà morts, déchiquetés, en lambeaux, que l'on ramasse jour après jour, nuit après nuit. On a entendu certains d'entre eux râler sous les ruines, alors que nous étions impuissants à les dégager des amas de gravats. Ils sont là, pris dans l'étreinte mortelle de l'acier et du béton, ceux pour lesquels nous sommes arrivés trop tard, ceux avec lesquels hier on riait, on plaisantait, on rivalisait. Aucun des paras qui va relever ses camarades en cette semaine d'octobre n'oubliera ces pauvres corps, "tués par personne", nobles et dignes jusque dans la mort, magnifiques soldats équipés et prêts pour le combat, parfois la main crispée sur leur Famas. Sans doute est-ce parce qu'ils ont rejoint les légions de Saint-Michel que leur souvenir semble éternel. Le mythe para en tous cas l'est. Maintenant plus que jamais. Et tous, nous communions alors dans une espèce de rêve étrange et éveillé, où la mort étonnamment proche se mêle inextricablement à la vie, en un jeu dont les règles nous échappent. Un nouveau jalon funèbre est posé après les combats des paras de la Seconde Guerre mondiale et bien sûr ceux des grands anciens d'Indochine et d'Algérie.

 

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Le piège fatal 

En signe de solidarité avec nos hommes, le Président de la République, François Mitterrand, vient rendre un hommage aux morts le 24 octobre. Les paras savent déjà qu'ils sont pris dans un traquenard monstrueux. Jour après jour, ils sont victimes de nouveaux attentats, dans un secteur totalement incontrôlable, où pullulent les milices, les mafias et les "services". Personne ne sait réellement qui fait quoi, les informations sont sous influence, rien n'est sûr, tout est mouvant. Sans ordres ni moyens légaux, les paras sont contraints de se battre au quotidien pour assurer la survie de leurs postes et continuer à protéger les populations. Aucun renfort notable n'est envoyé de métropole, hormis une compagnie de courageux volontaires du 1er RCP venus prendre la place de leurs prédécesseurs. En dépit des nombreux morts et blessés qu'ils vont relever dans leurs rangs, les paras ne doivent compter que sur leur savoir-faire, leur calme et leur professionnalisme pour se défendre tout en évitant de répondre aux provocations, refusant parfois de tirer pour préserver les civils. A ce titre, la mission aura certes été remplie, mais nombreux sont les soldats français qui reviendront avec l'amer sentiment d'avoir perdu leurs camarades sans les avoir vengés. 

Chacun sait alors que nous vivons un moment unique de notre vie, dont l'intensité et la profondeur nous bouleversent. L'aumônier, le père Lallemand, a le don de savoir parler aux soldats. Que l'on soit croyant pratiquant ou athée, agnostique ou païen, il sait trouver les mots qui apaisent et réconfortent. Paradoxalement, Drakkar ne va pas briser les paras, mais les souder. Les semaines à venir vont être infernales. Et cependant, tous font face avec une abnégation sublime. Le plus humble des parachutistes joue consciencieusement son rôle dans un chaudron où se multiplient les attentats. Bien des nôtres vont encore tomber, assassinés lâchement la plupart du temps. Mais tous accomplissent leur devoir avec fierté et discrétion. Nous recevons des mots et des cadeaux de métropole, comme ces Landais qui nous envoient du foie gras à foison pour Noël, ou encore ces enfants qui nous dédient des dessins touchants. Les paras sont soudés, et même la mort ne peut les séparer. 

Dans la nuit du 25 décembre, les postes de Beyrouth-Ouest devenus indéfendables dans la configuration géopolitique de l'époque sont évacués. Fin janvier-début février, les paras  exténués sont rapatriés sur la France. Le contingent de "Marsouins" qui les remplace ne restera pas longtemps. Américains et Italiens quittent le Liban fin février. En mars, le contingent français rembarque, ne laissant sur place que des observateurs. 

 

Les enseignements à tirer 

Jeune ORSA à l'époque, ayant la volonté de préparer l'EMIA, je décide cependant de quitter l'armée. Cinq années de boxe intensive et à bon niveau m'ont appris qu'un coup encaissé doit toujours être rendu, au centuple si possible. Déphasage. Je ne me sens pas l'âme d'un "soldat de la paix". Mais les paras vont rester ma vraie famille. Depuis, j'ai fait le tour du monde, connu d'autres aventures. J'ai passé des diplômes, "fait la Sorbonne", créé une entreprise. Mais rien n'a été oublié. Mes chefs d'alors sont devenus des amis. Nous avons eu des patrons magnifiques, Cann, Urwald, Roudeillac, des commandants de compagnie qui étaient des meneurs d'hommes, de vrais pirates pour lesquels on aurait volontiers donné sa vie, des sous-officiers et des soldats avec des gueules sublimes. Tout cela, mon ami le journaliste Frédéric Pons l'a mis en relief avec brio dans son livre "Les Paras sacrifiés" publié en 1993 et réimprimé en 2007 sous le titre "Mourir pour le Liban". Il faut dire qu'à la différence de bien d'autres, Pons sait de quoi il parle. Ancien ORSA du 8e RPIMa, il a vécu l'une des premières missions de la FINUL au sud-Liban au tout début des années 80. 

En novembre 2007,  j'ai été invité à prononcer une courte allocution à Coëtquidan, devant les élèves de l'EMIA qui avaient choisi pour parrain de leur promotion le Lieutenant de La Batie. J'avais connu Antoine quand il était à Henri IV, je l'avais ensuite revu lors de l'entraînement commun à l'aéroport le 21 octobre 1983… puis mort quelques jours après. Ayant quitté l'armée française comme lieutenant, j'ai donc souhaité parler à ces élèves officiers comme un vieux lieutenant à de jeunes lieutenants. Il faut savoir tirer le meilleur de toute expérience, surtout quand elle s'est révélée tragique. Bref, savoir transformer le plomb en or. Il fallait leur dire ce qu'une OPEX comme celle-là nous avait appris concrètement, nous fournissant des enseignements qui nous servent au quotidien dans la guerre économique. 

Avec le recul, ce qui demeure certain, c'est que, sans en avoir eu alors une pleine conscience, Beyrouth anticipait le destin de l'Occident. Le terrorisme est devenu une menace permanente, y compris au cœur de notre vieille Europe. Mais en ce temps-là, nous autres, modestes chefs de section, n'étions pas à même d'analyser les basculements géopolitiques en gestation. Plus modestement, Beyrouth nous a révélé la valeur des hommes. Beyrouth nous a enseigné bien des sagesses. Pour ceux qui surent le vivre avec intelligence, Beyrouth fut une épreuve initiatique au sens premier du terme, qui nous a décillé les yeux sur nous-mêmes et sur le monde. Ce que les uns et les autres avons appris dans ce volcan, aucune école de management, aucun diplôme d'université, ne nous l'aurait apporté, ni même l'argent ou les honneurs. Nous avons appris le dépassement de soi pour les autres, la valeur de la camaraderie, la puissance des relations d'homme à homme fondées sur la fidélité, la capacité à transcender sa peur, la reconnaissance mutuelle, l'estime des paras pour leur chef et l'amour fraternel du chef pour ses paras… Des mots qui semblent désuets dans  l'univers qui est le nôtre, mais qui reflètent cependant un ordre supérieur de connaissance des choses de la vie. Cette richesse intérieure acquise, nous en ferons l'hommage discret à tous nos camarades tombés en OPEX le 23 octobre prochain, lorsque, à 6h30 du matin, nous penserons à ceux du Drakkar. Comme nos grands anciens, montera alors de nos lèvres vers le ciel la vieille chanson : "j'avais un camarade…"


 

Bruno Racouchot

Ex-Lt 6e RPIMa

bruno@comes-communication.com  

 

drakka12

IN MEMORIAM

  • capitaine Thomas Jacky
  • capitaine Ospital Guy
  • lieutenant Dejean de La Bâtie Antoine
  • sous-lieutenant Rigaud Alain
  • adjudant Bagnis Antoine
  • adjudant Moretto Michel
  • sergent Dalleau Christian
  • sergent Daube Vincent
  • sergent Lebris Jean-Pierre
  • sergent Longle Yves
  • sergent Ollivier Gilles
  • caporal chef Bensaidane Djamel
  • caporal chef Beriot Laurent
  • caporal chef Carrara Vincent
  • caporal chef Duthilleul Louis
  • caporal chef Grelier Xavier
  • caporal chef Loitron Olivier
  • caporal chef Margot Franck
  • caporal chef Seriat Patrice
  • caporal chef Vieille Hervé
  • caporal Girardeau Patrice
  • caporal Hau Jacques
  • caporal Jacquet Laurent
  • caporal Lamothe Patrick
  • caporal Lepretre Dominique
  • caporal Leroux Olivier
  • caporal Muzeau Franck
  • caporal Thorel Laurent
  • parachutiste de 1ère classe Gasseau Guy
  • parachutiste de 1ère classe Gautret Remy
  • parachutiste de 1ère classe Julio François
  • parachutiste de 1ère classe Pradier Gilles
  • parachutiste de 1ère classe Tari Patrick
  • parachutiste de 1ère classe Théophile Sylvestre
  • parachutiste Bachelerie Yannick
  • parachutiste Bardine Richard
  • parachutiste Caland Franck
  • parachutiste Chaise Jean-François
  • parachutiste Corvellec Jean
  • parachutiste Delaitre Jean Yves
  • parachutiste Deparis Thierry
  • parachutiste Di-Masso Thierry
  • parachutiste Durand Hervé
  • parachutiste Guillemet Romuald
  • parachutiste Kordec Jacques
  • parachutiste Lastella Victor
  • parachutiste Ledru Christian
  • parachutiste Levaast Patrick
  • parachutiste Leverger Hervé
  • parachutiste Meyer Jean-Pierre
  • parachutiste Porte Pascal
  • parachutiste Potencier Philippe
  • parachutiste Raoux François
  • parachutiste Renaud Raymond
  • parachutiste Renou Thierry
  • parachutiste Righi Bernard
  • parachutiste Schmitt Denis
  • parachutiste Sendra Jean
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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 15:34

 

gabyNé à Toul en 1916, le général Bigeard est décédé dans sa ville le 18 juin 2010.

Il souhaitait qu‘elles soient larguées au-dessus de Dien-Bien-Phu, là où reposent ses camarades tombés pendant la guerre d’Indochine. Les cendres du Général Marcel Bigeard seront finalement déposées aux Invalides aux côtés des gouverneurs, des maréchaux de France et des plus illustres chefs militaires de la nation.

bigeard

Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a en effet proposé cette option à la fille du Général, Marie-France Bigeard, dans une lettre datée du 18 octobre arrivée à son domicile de Toul avant-hier. « Une très bonne nouvelle », selon l’avocate Anne-Marie Quenette. Cette proche amie de la famille ne tient cependant pas à commenter davantage cette décision qui n’est encore qu’officieuse : « C’est au ministre qu’il revient de l’annoncer. » Contacté hier après-midi, ce dernier n’était pas joignable.

Sans attendre, le cabinet de Nadine Morano, la ministre chargée de l’Apprentissage et à la Formation professionnelle qui a été élue députée à Toul dans la même circonscription que Bigeard, a fait savoir en début de soirée que l’État et la famille étaient parvenus à « un accord de principe » : « Gérard Longuet s’est engagé pour que ça aille au plus vite », explique l’attaché spécial de la ministre. « Le choix des Invalides est à la hauteur de l’homme. »

Le sentiment est partagé par Christian Piquemal. « Les cendres se trouveront ainsi à côté de celles des maréchaux Lyautey, Foch, Leclerc, Juin, et de Rouget de Lisle », écrit le président de l’Union nationale des parachutistes dans un message envoyé à toutes ses sections, hier. « Cet hommage hors du commun rendu enfin au général Bigeard est la plus belle reconnaissance de son parcours exceptionnel. »

Depuis le décès de Marcel Bigeard, le 18 juin 2010, trois ministres successifs — Hervé Morin, Michèle Alliot-Marie et Alain Juppé -, ont tenté de négocier le dépôt d’une urne au pied de la stèle du souvenir situé au milieu de l’ancien champ de bataille sans parvenir à convaincre les autorités vietnamiennes. Au printemps dernier, le ministère de la Défense a proposé de transférer les cendres au Mémorial des guerres en Indochine de Fréjus, dans le Var ; une proposition saluée sans grand enthousiasme.

L’intervention personnelle du Lorrain Gérard Longuet semble avoir permis de débloquer la situation. Pas encore officiellement annoncé, le choix des Invalides est déjà applaudi. Une grande cérémonie devrait être organisée à l’occasion du transfert des cendres de la Lorraine vers Paris.

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 18:19

Allocution du général COMALAT à l’occasion de l’inauguration du monument aux morts de l’ALAT au Cannet des Maures le 2 mai 2011

 

 

cerem5a thumbL’ALAT se devait d’avoir un lieu de mémoire pour ses frères d’armes disparus en service, lors d’opérations ou accidentellement dans l’exercice de leur activité et je tiens pour commencer par remercier le général de la Motte et surtout le colonel Salva, chef de corps de la base école général Lejay pour avoir eu cette initiative.

 

 

En effet, comment une Arme comme la nôtre, aujourd’hui comme hier présente sur tous les théâtres d’opération extérieurs mais aussi en soutien de nos concitoyens sur le territoire national, comment une Arme aussi importante pour l’armée de Terre et les armées pouvait ne pas avoir un monument destiné à rendre hommage au sacrifice de tous ceux qui ont permis son existence au fil des années depuis sa création. J’ai d’ailleurs une pensée à cet instant pour chacun d’entre eux, « petit » ou plus grand acteur de notre histoire.

 

Ce lieu a existé à Nancy qui a longtemps été le cœur opérationnel de notre ALAT, avec son célèbre CISALAT bien sûr, mais évidemment aussi la non moins célèbre 4ème division aéromobile à laquelle avait succédé la brigade. Mais aujourd’hui avec la nouvelle évolution que nous venons de connaître avec la dissolution de la BAM et le départ définitif des bérets bleus de Nancy, il nous fallait trouver un endroit pérenne et symbolique où nous aurions régulièrement l’occasion de venir et d’honorer nos camarades.

 

Assez logiquement c’est le site de la base école général Lejay qui est apparu car, bien que dans les cœurs, mais aussi dans les faits, celle de Dax demeure toujours quelque part notre « maison mère », celle de nos premiers pas pour beaucoup d’entre nous, le Cannet des Maures devient tous les jours un peu plus le centre de l’aérocombat, avec bien sûr l’EALAT, mais aussi l’EFA et maintenant le CFIA NH 90.

C’est tellement vrai que depuis quelques années la cérémonie d’ouverture du cycle annuel de formation, à l’origine spécifiquement à l’usage de l’école, est devenue au fil du temps la cérémonie annuelle de l’ALAT, le grand rendez-vous de l’Arme rassemblant tous ses emblèmes, personnel d’active et Vétérans.

Nous pourrons ainsi, tous les ans dans le cadre de cette cérémonie, rendre un hommage à tous ceux qui ont perdu la vie pour notre Arme et celles de la France.

 

Ce superbe monument est symbolique bien sûr de l’ALAT, avec ses 3 pales d’hélicoptère aux couleurs de notre Etendard. Mais je voudrais rappeler à cette occasion que l’ALAT c’est aussi des voilures fixes qui ont constitué le gros de ses rangs au début de son histoire et continuent encore aujourd’hui à voler au sein de l’escadrille avion de l’armée de Terre de Rennes et de l’escadrille de transport et de convoyage du matériel de Montauban.

Je voudrais aussi rappeler que l’ALAT ce n’est pas seulement des pilotes, qui, je le souligne, ne représentent qu’une petite partie de son effectif. Non, l’ALAT c’est bien sûr aussi des mécaniciens, ces « petits gris » sans lesquels les pilotes ne pourraient pas voler. Et l’ALAT c’est aussi des contrôleurs de la circulation aérienne, qui se sont dernièrement distingué lors de la bataille d’Abidjan.

 

 

C’est encore des membres d’équipage de soute sur nos HMA, des instructeurs simulation de plus en plus indispensables et incontournables dans notre ALAT de 4ème génération, des météorologistes, des pompiers, du personnel chargé de la sécurité et du soutien en général. L’ALAT c’est tout cela et la vocation de ce monument est de rendre hommage à tous ceux qui ont conduit l’ALAT là où elle est aujourd’hui, reconnue par tous comme l’experte de l’aérocombat.

 

Enfin, ce magnifique monument dédié aux morts de l’ALAT vient compléter l’ensemble des symboles constitutifs encore une fois d’une des Armes à part entière de l’armée de Terre. Aux cotés de son Musée, de son chant, de sa Sainte patronne, de ses emblèmes et de ses traditions en général, il doit contribuer à affermir notre cohésion et à cultiver le devoir de mémoire dont nous sommes chacun dépositaire.

 

Je suis donc très heureux d’avoir inauguré officiellement ce monument aux morts en présence, là encore toute symbolique, de nos jeunes camarades en formation qui vont faire l’ALAT de demain, de leurs instructeurs et de l’encadrement qui sont l’ALAT d’aujourd’hui et de nos Vétérans sans qui, encore une fois, nous ne serions pas là.

 

Merci donc encore au colonel Salva et à tous ceux qui ont conçu et édifié Notre monument aux morts de l’ALAT.

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 18:11

Le ministre allemand de la Défense, Thomas de Maizière, envisage de réduire les commandes de chasseurs Eurofighter, d'hélicoptères de combat Tigre et d'hélicoptères de transport NH-90, selon un document que s'est procuré la DPA.
De Maizière compte réduire de 37 unités sa commande d'Eurofighters la ramenant à 140 avions. La commande de Tigre sera réduite de moitié (passant de 80 à 40 unités) et celle de NH90 d'environ un tiers (passant de 122 à 80).
Le groupe européen EADS, présent dans la construction de ces trois engins, serait particulièrement touché.  

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 22:57

Le musée de l’aviation de chasse de Montélimar vient de remonter son Mirage V BA 53 qui va rejoindre la collection des Mirages III que possède déjà l’association. Dans les mois à venir, six nouvelles machines vont arriver en provenance de l’Aéronavale, de l’Armée de l’Air et du musée de l’air et de l’espace du Bourget. Pour mettre sa collection à l’abri, le musée va entreprendre, à partir de l’année prochaine, la construction de nouveaux hangars.

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