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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 20:24

 

VALENCE Trois jours de fête avec les Spahis 

1rsLa population est invitée à vivre trois jours de festivités à l’occasion du centenaire du premier régiment de Spahis. Avec en point d’orgue notamment, jeudi 26 juin à 20 h 30, place des Clercs à Valence, l’aubade de la fanfare des Spahis. Samedi 28 juin, de 9 h à 15 h 30 : présentation de tableaux historiques sur les boulevards valentinois et la place de la Liberté : parades en costumes d’époque et défilés à cheval. Samedi à 22 h 30, parc Jean-Perdrix à Valence, prise d’armes nocturne et feu d’artifice.

Et sur les deux jours, samedi 28 juin de 14 h à 19 h et dimanche 29 juin de 10 h à 19 h, les traditionnelles portes ouvertes à la caserne Baquet.

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 07:31

SERVALLa semaine a été marquée par environ 60 sorties aérienne, dont une vingtaine de missions réalisées par les avions de chasse, 10 missions de ravitaillement et de renseignement, et 30 missions de transport.

Le dispositif français reste inchangé avec deux points d’appui principaux à Gao et Bamako, et quatre plots avancés à Tessalit, Kidal, Tombouctou et Ansongo.

Du 11 au 13 juin, le GTD DIO a mené une opération de surveillance et de contrôle du grand Gao et de la région d’Almoustarat - Djebok. Cette opération a permis d’affirmer la présence de la force Serval dans la région sud de Gao. Divers contacts ont été pris avec la population et les forces en présence.

Du 6 au 14 juin, le convoi du nouveau bataillon logistique Salamandre (BATLOG Salamandre) a effectué sa première boucle avant de ravitailler des emprises des DLAO dans le Nord. Ce premier convoi a permis aux soldats du BATLOG de se confronter aux dures réalités des pistes sablonneuses et rocailleuses du Mali. Malgré les difficultés mécaniques imputées au terrain et grâce aux efforts déployés par les diverses équipes du BATLOG, le convoi a pu mener à bien sa mission et apporter le matériel nécessaire à l’ensemble des détachements de la force sur les emprises de Gao, Kidal et Tessalit.

Le 18 juin 2014, deux hélicoptères Caracal et un hélicoptère Puma de l’armée de l’air ont été acheminés sur la base aérienne de N’Djamena par gros porteur Antonov 124. Ces hélicoptères appartiennent à l’escadron 1/67 (EH 167) « Pyrénées » de la base aérienne 120 de Cazaux. Dans le cadre des relèves, ils sont déployés pour un mandat de 4 mois au sein de la Force Epervier. Un deuxième hélicoptère Puma, complètera prochainement ce dispositif. Intégrés au groupement Air de la force Epervier, les équipages et les machines du « Pyrénées », ils reprendront les missions d’évacuation sanitaire (EVASAN), de sauvetage aéroterrestre (SATER) et de soutien et d’appui aux forces déployées sur le théâtre. Ils participeront également aux deux missions permanentes du dispositif Epervier: la protection des intérêts français (tout particulièrement la sécurité des ressortissants français résidant au Tchad), et conformément à l’accord de coopération technique signé entre la France et le Tchad, le soutien logistique (ravitaillement, carburant, transport, formation) aux forces armées et de sécurité (FADS) tchadiennes.

 

Sources : EMA

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 07:12

Point sur les opérations de la force Sangaris, engagée en République centrafricaine, du 12 au 18 juin 2014.

point sangaris 19 06 14 96ab48e1c7443f973f65f72a2805216aLes effectifs de la force Sangaris sont de l’ordre de 2 000 soldats. Le 13 juin 2014, au terme de quatre mois de missions, le groupement tactique interarmes (GTIA) « Savoie» a été relevé par le GTIA « Acier ». Commandé par le colonel Didier Leurs, chef de corps du 16ebataillon de chasseurs, le GTIA « Acier » est composé de l’état-major tactique et de trois compagnies de combat, dont une provenant du 7ebataillon de chasseurs alpins, ainsi que de renforts. Le 17 juin, le général de brigade Eric Bellot des Minières a pris le commandement de l’opération Sangaris (COMANFOR Sangaris). Il relève le général de brigade Francisco Soriano qui a commandé les forces françaises engagées en République Centrafricaine depuis le 5 décembre 2013. Le dispositif français en RCA est réparti sur trois zones d’action principales : la région de Bangui, l’ouest du pays entre Béloko et Bossembélé, et l’est entre Sibut et Bria. Les effectifs d’EUFOR RCAsont désormais de 700 hommes ; ils incluent 250 militaires français. Le 15 juin 2014, l’Union européenne a déclaré la pleine capacité opérationnelle de EUFOR RCA.

Peu après, cette force a pris le relai de la force Sangaris pour poursuivre, en appui de la MISCA, la sécurisation des 3eet 5earrondissements de la capitale centrafricaine. Ce transfert de responsabilité a été rendue possible grâce à l’arrivée d’un contingent géorgien au sein de EUFOR RCA. Forte de 700 hommes, la force européenne est aujourd’hui composée de plusieurs nations dont la France, l’Espagne, l’Estonie, la Finlande la Géorgie, la Lettonie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne et la Roumanie. La contribution française s’élève actuellement à environ 250 hommes.

La montée en puissance et l’engagement de la force de l’Union Européenne marque une étape supplémentaire dans la prise en compte de la problématique sécuritaire centrafricaine par la communauté internationale. Cette prise en compte a été rendue possible grâce à l’engagement initial de la force Sangaris le 5 décembre dernier. Les effectifs de la MISCA sont de 5 800 hommes.

A Bangui, la semaine a été calme. Elle n’a été émaillée que par quelques incidents localisés au 3e arrondissement et à PK12. Sans dommages pour la force, la réaction face à ces actes isolés a permis de parfaire les mesures de coordination entre le GTIA « Acier », la MISCA et EUFOR-RCA. Dans l’ouest, le GTIA « de Boissieu » maintien la sécurité sur l’ensemble de l’axe routier reliant le Cameroun à Bangui. Au cours de cette semaine, 421 véhicules sont entrés en Centrafrique depuis la frontière camerounaise. Parmi ces véhicules, on compte près de 350 poids lourds, dont 180 ont circulé sans avoir demandé d’escorte à la MISCA ou à Sangari Au nord-ouest de sa zone, le GTIA « de Boissieu » continue à faire face à une situation plus incertaine. Cette région fait en effet l’objet de fortes rivalités intercommunautaires et la population reste sous la menace de groupes armés.

Du 15 au 18 juin 2014, suite à une action préalable de renseignement, le GTIA une partie de ses éléments dans une action de reconnaissance offensive pour faire cesser tout acte de violence et réaffirmer la détermination de la force Sangaris à faire appliquer les mesures de confiance. L’opération a été menée par des éléments positionnés à Bossangoa, 250km. Ils se sont engagés dans cette mission avec l’appui de blindés légers ERC-90 Sagaie. L’objectif pour la force Sangaris était de mettre fin aux agissements de milices armées dans la région, de prévenir toute exaction et de rassurer les populations. Progressant en direction de Boguila et appuyé par des moyens aéromobiles, le détachement a atteint la localité de Nana Bakassa après une longue progression sur des pistes difficiles.

Après renseignement auprès des autorités locales rencontrées dans les villages, l'effort a été porté sur les localités de Kouki, puis de Bodjobo, toujours plus au nord. Après la fouille du dernier village, vidé de sa population qui s’était réfugiée en brousse, la force a procédé au désarmement de « miliciens » surpris par la rapidité de sa manœuvre. Cette action a été suivie par une mission de contrôle de la zone. Déclenchée sur renseignement, cette opération de plusieurs jours a permis de contraindre un groupe armé qui menaçait la population. Dans l’est, le GTIA Scorpion poursuit son déploiement dans le couloir central en direction de Kaga Bandoro qu’il a atteint le 17 juin. L’important travail de concertation et de dialogue mené par Sangaris auprès des acteurs locaux permet de faire appliquer les mesures de confiance sans rencontrer de résistance. La présence de la force, à Dekoa notamment, tend à rassurer les populations qui expriment clairement leur lassitude face aux agissements des groupes armés.

Le repeuplement des villages de la zone se fait à un rythme rapide. La force poursuite son action de stabilisation, combinant patrouilles et réunions avec les autorités locales. Parallèlement à ce déploiement, le GTIA Scorpion maintient son dispositif de sécurisation entre Sibut et Bria. Bambari demeure un point d’attention particulier suite aux incidents de la semaine passée et au regain de tensions que connaît la ville.

Le 17 juin 2014, la première « promotion » du CRIL (chantier de réhabilitation et d’intégration locale), a achevé sa formation à Sibut. Les ex-combattants qui ont choisi de déposer les armes et de participer à ces chantiers ont ainsi bénéficié d’un appui pour pouvoir amorcer leur réintégration dans le tissu économique local. Des cours ont été dispensés par les soldats du GTIA, ainsi que par la MISCA, qui ont mis leurs capacités au service de ce projet.

La formation professionnelle dispensée aux « stagiaires » pendant un mois porte sur l’agriculture, la mécanique mais aussi le BTP (bâtiment travaux publics). Ce projet vise à favoriser la restauration de l’Etat, appuyer la réconciliation nationale et initier une reprise de la vie économique. Il renvoie à la nécessité pour la communauté internationale de mettre en œuvre au plus vite le processus de DDR (Désarmement Démobilisation Réinsertion).

 

Sources : EMA

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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 09:01

Quelques informations sur notre Armée de terre, enfin de ce qu'il en reste.

Lettre du CEMAT

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 07:12

téléchargement (2)Pour beaucoup, Roland Garros évoque les Internationaux de France de Tennis qui viennent d’ailleurs de commencer. Quel lien a-t-il avec les balles jaunes et à la terre la terre battue? Aucun… Si ce n’est le nom qu’il a donné au stade où se déroule la compétition. En revanche, il y a un siècle, le nom de ce natif de l’île de La Réunion était synonyme d’exploits et de records… en aéronautique, alors naissante. Elève du Collège Stanislas, à Paris, il est contraint de poursuivre ses études à Cannes, puis à Nice, après avoir contracté une pneumonie. Sportif accompli (il est alors un adepte du football), il réussi son Baccalauréat en 1905 au lycée Janson de Sailly et entre ensuite à HEC, d’où il en ressort diplômé trois ans plus tard. En 1909, Roland Garros se découvre une passion qui ne le quittera plus : l’aviation. Il achète son propre « aéroplane », comme l’on disait à l’époque, à savoir un appareil de type « Demoiselle Santos-Dumont », qui était le moins cher sur le marché. Comme il n’y a alors pas d’école de pilotage, il apprend à voler tout seul. En juillet 1910, il obtient le brevet n°147 de l’Aéro- Club de France et enchaîne ensuite une série d’exhibitions aériennes outre-Atlantique. En 1911, Roland Garros échoue à chaque fois de peu à remporter trois grandes courses d’aviation (Paris-Madrid, Paris-Rome, Circuit européen), ce qui lui vaudra, comme Raymond Poulidor bien des années plus tard, et pour une discipline bien éloignée des courts de tennis (et qu’il a pratiqué assidument lors de son adolescence, mais sur piste), le surnom d’ »Eternel Second ». Mais il finira par s’illustrer en décrochant  un record d’altitude (3.950 mètres) en septembre de cette année-là. Par la suite, le jeune aviateur part pour l’Amérique du Sud, et en particulier au Brésil : il sera ainsi le premier à traverser en avion la baie de Rio, à survoler la forêt amazonienne en prenant des photographies et à relier São Paulo à Santos. Et il donne baptême de l’air aux officiers brésiliens, lesquels constitueront, plus tard, le noyau de la future Força Aérea Brasileira. De retour en France, Roland Garros participe à plusieurs courses aériennes prestigieuses, qu’il remporte. Fini le surnom d’Eternel Second! Et il s’attaque à d’autres records et porte celui d’altitude à 5.610 m. Entre-temps, il était devenu pilote officiel du constructeur Morane-Saulnier. Mais le fait marquant que l’on retient le plus est sans doute la première traversée en avion de la Méditerranée, le 23 septembre 1913, en reliant Fréjus à Bizerte (Tunisie). Lors que la Première Guerre Mondiale, Roland Garros s’engage dans l’armée et rejoint l’escadrille MS23. Se pose alors le problème pour les aviateurs de l’époque de pouvoir tirer à travers l’hélice de leur avion. Avant le début des hostilités, bien des ingénieurs s’y cassèrent les dents. Les Britanniques trouvèrent une solution : monter la mitrailleuse sur l’aile supérieure d’un biplan, ce qui permettait de contourner l’obstacle. Mais ce n’était guère satisfaisant : comment, par exemple, recharger l’arme ou la débloquer dans le cas où elle s’enrayerait? De son côté, Morane-Saulnier imagina de synchroniser le mouvement du percuteur de la mitrailleuse Hotchkiss avec le passage des pales de l’hélice (*). Malheureusement, les essais menés ne furent pas concluants. Pour autant, cette idée ne fut pas abandonnée et les recherches se poursuivirent à l’Etablissement aéronautique de Vincennes, commandé par le colonel Jean-Baptiste Estienne. Là, en 1915, le commandant Charles Tricornot de Rose eut l’intuition de blinder les pales d’un hélice. Mais appelé à prendre la tête d’une unité au front, le colonel Estienne fit appel à Roland Garros. Aidé par ami Raymond Saulnier, l’aviateur se met alors à la tâche et finit mettre au point système simplifié de tir à travers l’arc de l’hélice.

 

 

Le résultat de cette innovation majeure est immédiat : Roland Garros abat, avec son monoplace, un Morane-Saulnier type L « Parasol », 3 avions ennemis en avril 1915. Mais, la série va s’interrompre provisoirement… En effet, victime d’une panne, l’aviateur français est contraint d’atterrir derrière les lignes adverses et il n’a guère le temps d’incendier son avion avant d’être fait prisonnier. Et, malheureusement, le dispositif qui équipait son appareil tombe intact aux mains des Allemands. Et ces derniers ne se priveront pas de le copier et de l’améliorer pour en doter le Fokker E III. Surveillé de près, Roland Garros, qui passe pour être une forte tête, sera retenu prisonnier pendant près de 3 longues années, malgré plusieurs tentatives d’évasion… Mais l’obstination finit par payer : le 15 février 1918, avec le lieutenant Anselme Marchal, il réussit à fausser compagnie à ses geôliers déguisé en… officier allemand. Il se dit que l’aventure a inspiré le cinéaste Jean Renoir pour son film, « La grande illusion ». De retour en France, Roland Garros ne songe qu’à une chose : reprendre le combat. « Je n’ai pas mis 3 ans à m’évader pour rester à l’arrière », dira-t-il. Auteur d’une étude dans laquelle il avait défini ce que devait être un avion de chasse monoplace, il aurait pu obtenir un poste en état-major. Et cela d’autant plus que, marqué par ses années de détention, il est devenu myope à tel point qu’il se fera faire des lunettes en cachette. Après une remise à niveau pour apprendre les nouvelles techniques du combat aérien, le lieutenant Garros est affecté à la SPA 26, équipée de SPAD XIII. Le 2 octobre 1918, il remporte sa 4e victoire aérienne. Mais ce sera sa dernière. Trois jours plus tard, et alors qu’il s’apprête à fêter son 30e anniversaire, il décolle pour une mission de reconnaissance du front vers Saint-Morel, dans les Ardennes : il n’en reviendra pas. Dans son édition du 8 octobre, le quotidien « Le Matin », écrit : « L’aviation française vient de perdre l’un de ses représentants qui l’ont le plus honorée avant et pendant la guerre. (…) Après une carrière inoubliable, héroïque, grandie par la science, le courage et la volonté, l’aviateur Roland Garros disparaît. Retourné au front il y a quelques semaones, il avait repris dans une escadrille de chasse la place qu’il avait sollicitée, voulue, après troius ans de dure captivité à Magdebourg (…) Samedi, dans la matinée, il menait une patrouille au-dessus du territoire occupé par l’ennemi. Une escadrille adverse barra la route. Au plus fort du combat violent qui suivit et au cours duquel Garros s’acharna, on vit tout à coup son avion tournoyer et descendre précipitamment vers le sol ».   

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 07:57

Deux mille militaires français sont déployés en République centrafricaine dans le cadre de l'opération Sangaris lancée le 5 décembre dernier.  Des soldats qui sont de plus en plus nombreux à faire remonter des récits parfois sidérants sur leurs conditions de vie et l'état de leur matériel sur place. C'est sur Internet que ces militaires font entendre leur grogne. 

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Ils ont un devoir de réserve. Les militaires se confient donc anonymement à des tiers : souvent leur femmes ou leurs mères. Qui rédigent et publient leurs récits. Sur des forums, des blogs, on lit des témoignages comme celui-ci : "On circule dans des véhicules sans blindage dans des zones pourtant sensibles. Alors on fait avec les moyens du bord : on prend des gilets pare-balles et on les déplie sur les portières en guise de protection. A l'arrière, là, on met des sacs de sable pour arrêter les balles."

Caroline, 50 ans, alimente la principale page Facebook où sont collectés ces témoignages anonymes de soldats. Caroline a ses deux fils à Bangui. Ce qui la préoccupe sans doute le plus : les véhicules blindés très fatigués qui tombent très régulièrement en panne.

"Nos garçons racontent qu'ils doivent frapper très fort le démarreur  avec une barre de fer pour essayer de faire repartir ces VAB, (véhicules de l'avant blindé). Quelquefois, cela fonctionne. Quelquefois pas. Et il faut espérer qu'à ce moment-là, ils ne soient pas pris pour cible par des insurgés. On sait que les mécanos commandent souvent des pièces qui n'arrivent jamais.  Car ce sont des modèles de pièces épuisés ou parce que tout simplement, il n'y a pas l'argent. Mes fils me disent parfois qu'ils ont le sentiment qu'un jour on finira par leur demander d'aller au front avec un bâton", s'emporte la maman inquiète.

Quelque 56 cas de paludisme

Les pannes de véhicules blindés, quasi tous les reporters qui ont été embarqués - ne serait-ce qu'un jour ou deux - avec les militaires en Centrafrique en ont été témoins, que ce soit à Bangui ou dans la brousse.

Comme la majorité des soldats qui témoignent, les fils de Caroline parlent aussi des difficiles conditions de vie sur leur base : les douches insuffisantes, les problèmes d'évacuation d'eau, les nuits sous des tentes sans climatisation et sans moustiquaires. Ce sont 56 soldats français qui auraient attrapé le paludisme ces deux derniers mois en Centrafrique.

 

"Dès son arrivée, voyant qu'il devait dormir sous la tente sans climatisation, mon fils a fait comme quantité de soldats là-bas. Il est allé au marché de Bangui et il s'est acheté son propre ventilateur pour que ses nuits soient plus supportables. Il l'a payé avec son propre argent. C'est le cas d'ailleurs aussi pour beaucoup de ses affaires : son gilet à poches, ses chaussures, son sac à dos. Tous ces équipements-là, il les a achetés sur Internet ou dans des boutiques spécialisées en France. Car les équipements qui leur sont fournis par l'armée sont de mauvaise qualité. Ces sont des 'premiers prix', les coutures cèdent, les semelles se décollent, ça n'est pas fiable pour une mission de plusieurs mois à l'étranger", confie Caroline. On se souvient aussi de la polémique sur les chaussures dont les semelles fondaient au contact du sol au nord Mali.

 

Des conditions qui minent le moral des troupes

La débrouillardise et l'improvisation des soldats seraient donc l'un des ingrédients indispensables depuis plusieurs années à la réussite des opérations  extérieures.

L'Adefdromil, l'une des rares associations de militaires créée en 2001 par des gradés en retraite estime qu'en Centrafrique, plus que jamais, l'armée française est une armée "bout de ficelle". Son président, le colonel Jacques Bessy, rappelle que déjà en 2005, des députés avaient rendu un rapport très documenté  qui était alarmant au sujet du maintien du matériel en condition opérationnelle. "Presque dix ans plus tard, il y a eu trois lois de programmation militaire mais aucun enseignement n'a été tiré de ce rapport. La situation s'est même encore dégradée", dénonce le colonel Jacques Bessy.

"Les fantassins ne réclament pas grand-chose finalement. Juste du matériel qui tient la route, des équipements – des radios par exemple – qui fonctionnent. C'est clair que la plus grosse inquiétude porte sur le matériel roulant. Les véhicules de l'avant blindé sont fatigués, en fin de vie. Souvent, quand les pièces s'usent. Il faut désosser deux véhicules pour en faire un seul. C'est ce qu'on appelle la cannibalisation du matériel. Tout cela alourdit les opérations et cela mine le moral. C'est grave car le moral, c'est capital dans une armée en opération. Sans le moral, il y a une baisse de vigilance, et c'est là qu'on augmente le risque de se laisser surprendre", conclut le président de l'Adefdromil.

Cette indigence du matériel qui pourrait nuire à la sécurité des hommes, qu'en dit l'état-major ? Pas grand-chose.

L'état-major botte en touche

Le sujet est très sensible depuis le drame d'Ouzbine : en 2008 en Afghanistan, dix soldats français ont été tués dans une embuscade des talibans. Le rapport de l'OTAN a pointé du doigt le manque de moyens de la section qui a été attaquée. Ils n'avaient qu'une radio et manquaient de munitions.

Le général Francisco Soriano commandant de l'opération Sangaris en Centrafrique a été interrogé sur le problème du matériel vétuste et des conditions de vie difficile pour les soldats. Il se veut rassurant : "Oui, les conditions de vie ont été rustiques  au départ, car il a fallu se déployer très vite. Ces conditions se sont maintenant améliorées et je ne constate pas d'indisponibilité de la force due aux conditions rustiques d'intervention", a-t-il répondu en visioconférence, il y a deux semaines, lors d'une conférence de presse de l'état-major.

Ce que ne peut pas dire ce général, c'est que depuis une vingtaine d'année, les armées françaises sont de plus en plus mobilisées, sur des opérations longues, intenses. Les budgets de maintenance, eux, sont rognés.

"Où passe l'argent de nos impôts ?"

"Il y a une réelle tendance dans l'armée française comme dans beaucoup d'armées à favoriser les grands programmes très performants très technologiques au détriment des petits équipements, au détriment du petit matériel pourtant indispensable à la vie du soldat au quotidien. L'exemple le plus parlant est celui du Rafale. Il est considéré sans doute comme le meilleur avions de combat du monde, mais il a pesé énormément depuis trente ans sur le budget de la défense", commente Bruno Tertrais de la fondation pour la recherche stratégique.

Les soldats qui s'indignent sur le terrain en Centrafrique, leurs épouses, leurs mères qui relaient cette grogne, ont-ils une chance d'être entendus au plus haut niveau ? Ça n'est pas évident.

Les soldats sont mal à l'aise, car ils aimeraient qu'on les entende, mais craignent en même temps de parler. Aucun de ceux qui ont été contactés n'a accepté une interview enregistrée pour France Info. "Trop peur d'être identifié", expliquent-ils souvent. Mais les familles sont parfois décidées à se battre pour eux.

"Nous, les familles, on en a assez d'être toujours dans une inquiétude qui n'est pas forcément justifiée. Oui c'est leur choix d'avoir embrassé cette carrière. Mais ils n'avaient pas signé pour de telles conditions d'intervention. Ce sont nos enfants, nos maris, nos frères, des hommes courageux. Ils sont dignes de disposer d'un meilleur matériel et de conditions décentes de vie sur le terrain. Moi comme beaucoup de Français, je paye des impôts et je me demande où passe l'argent alloué à la défense", interroge Caroline, la maman qui recueille avec bien d'autres sur Internet les témoignages des hommes sur place.

 

Le budget de la défense, ce sont 31 milliards d'euros par an. Le troisième poste de dépense de l'État, après l'éducation et le remboursement de la dette.


SOURCE : Le plus France Info

 


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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 08:34

00520111C305c-l19-11Les portes ouvertes du GAMSTAT se dérouleront le 28 septembre 2014. Ce sera l'occasion de voir/revoir les hélicoptères et les avions de l'Aviation Légère de l'Armée de Terre (ALAT), Tigre, Caîman, Gazelle, Cougar......... mais aussi des autres armées , de découvrir les techniques et tactiques de l'ALAT (grappe, descente en rappel, héliportage......) mais aussi de célébrer les 60 ans d'existence de l'ALAT ( avec la présence d'aéronefs et de vétérans ayant servi l'Arme à ses débuts, en Algérie, au Tchad.....).

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Les horaires et le programme détaillé seront communiqués dès que possible.

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Voir le programme et plus d'informations :  Dimanche 28 septembre, journée portes ouvertes au GAMSTAT de Valence/Chabeuil.

 

VOIR PLUS D'INFORMATIONS SUR LE GAMSTAT (MISSIONS, HISTOIRE....) :  LE GAMSTAT, CENTRE D'EXPERTISE DES HELICOPTERES MILITAIRES

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 07:34

LETTRE MENSUELLE de L'ASAF 14/04

« Ne pas subir »

(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny)


Madame, Monsieur,

Comme chaque mois, dans sa lettre électronique « Ne pas subir »,  l’ASAF fait connaître à plusieurs dizaines de milliers de Français sa position sur des évènements d’actualité.

Notre association est strictement indépendante de tout parti politique. Elle regroupe des Français, tous bénévoles, qui estiment que l’armée doit demeurer au cœur de la Nation.

L’armée est en effet à la fois un outil de combat, destiné à garantir l’indépendance de la France et à protéger les Français, et une institution de référence qui incarne l’identité et l’unité de la Nation.

A ce titre, l’ASAF estime que le « drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge, emblème national » comme il est inscrit en tête de la Constitution, revêt un caractère sacré puisqu’il unit les Français jusqu’au sacrifice suprême.

C’est pourquoi, alors que les préparatifs de la fête nationale sont lancés, l’ASAF, sur proposition d’un de ses membres, suggère que les feux d’artifices, qui seront tirés les 13 et 14 juillet, commencent et soient clos par une gerbe tricolore bleu-blanc-rouge en hommage à nos soldats tués et blessés pour la France.

Nul ne doute que les maires des villes répondront favorablement à une telle proposition. Une lettre ouverte leur sera adressée et relayée par les citoyens qui le souhaitent.

Henri Pinard Legry

Président de l’ASAF

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*********


Tout simplement, une question d’honneur



Rwanda : pour l’honneur de l’armée, plaidoyer pour l’unité nationale.

Les accusations mensongères et insultantes de Paul Kagamé, président du Rwanda, à l’encontre de la France et de son armée, ont conduit le président de la République française à annuler la participation d’une délégation gouvernementale aux cérémonies commémoratives du 20e anniversaire du génocide.

En retour les autorités rwandaises ont interdit à notre ambassadeur de se rendre à ces cérémonies comme il était prévu qu’il le fasse.

Le comportement de Kagamé était parfaitement prévisible puisqu’il ne cesse d’accuser la France de complicité de génocide pour masquer les exactions qu’il commet depuis son accession au pouvoir. Il le clame d’autant plus fort que ses anciens alliés anglo-saxons prennent leurs distances avec ce chef d’État, véritable dictateur, qui pille les provinces orientales de la République Démocratique du Congo – les Kivus – dont le sous-sol renferme des minerais hautement stratégiques.


Si la classe politique française a manifesté son unité en dénonçant unanimement les mensonges et accusations odieuses de Kagamé, il est regrettable que le communiqué, que vient d’adresser monsieur Le Drian aux armées, n’ait pas été délivré à tous les Français, une semaine plus tôt, par le président de la République et chef des armées.

Et que penser de l’attitude de monsieur Kouchner, ancien ministre des Affaires étrangères, dont la présence dans les tribunes lors de cette commémoration semblait cautionner les accusations infamantes du président rwandais ?

Que penser enfin des propos de certains journalistes qui, sur des radios d’État largement subventionnées par les contribuables, ont relayé ces accusations honteuses en bons collaborateurs d’un adversaire déclaré de la France ?

En bref, il y eut heureusement l’expression d’une cohésion nationale pour défendre l’honneur de la France et de son armée.

L’ASAF remercie les ministres et élus qui, de droite comme de gauche ont exprimé leur soutien sans faille aux soldats de l’opération Turquoise, à ces hommes et ces femmes qui, en 1994, ont fait à 6 000 km de Paris, dans des circonstances dramatiques, honneur à la France.


L’ASAF souhaite que notre engagement en RCA, dont on mesure chaque jour l’insuffisance des effectifs déployés pour rétablir durablement la sécurité, soit conduit avec détermination, en vue d’un but politique clair, afin d’éviter demain à nos troupes d’être l’objet de telles accusations.


France : pour l’honneur du drapeau, plaidoyer pour un jeune héros

Il y a quelques semaines, le président de la République annonçait le nom de quatre Français qui, pour leur passé de résistants, devraient rentrer au Panthéon en mai 2015 à l’occasion du 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Si parmi ces deux femmes et ces deux hommes, trois aux profils très différents sont peu contestables, le quatrième, Jean Zay, suscite la polémique en raison d’un texte qu’il a écrit en 1924 (il avait alors 20 ans) dans lequel il insultait le drapeau français, allant jusqu’à le considérer comme un « torche cul ».

Il n’est pas dans notre intention d’entrer dans la polémique que pourrait soulever la réponse insignifiante - car vide d’argument et provocatrice - du ministre délégué aux Anciens combattants faite au communiqué que lui a adressé une soixantaine d’associations patriotiques représentant plusieurs centaines de milliers de Français de tous âges, confessions et opinions politiques.

Il ne s’agit pas de jeter l’opprobre sur Jean Zay, lâchement assassiné par des miliciens en 1945 pour des raisons sordides. Mais une victime n’est pas un héros et le Panthéon n’est pas une récompense. C’est une référence nationale. Or le texte honteux écrit par un jeune homme intelligent qui n’avait pas directement et personnellement supporté les horreurs de la guerre constitue pour nous un obstacle insurmontable à cette entrée au Panthéon.


En effet, alors que la France s’apprête à célébrer avec ses alliés le centième anniversaire de la Grande Guerre, en rappelant l’ « union sacrée » de tous les Français et le sacrifice de 1 400 000 soldats d’entre eux, morts pour la France autour de son drapeau, il serait incompréhensible de faire rentrer au Panthéon un homme qui a pensé et exprimé un texte d’une telle haine envers notre emblème national. D’ailleurs, on peut légitimement se demander si le président de la République, garant de la Constitution, a eu connaissance de ce texte avant sa décision, ce que l’ASAF se refuse à croire.

En lieu et place de Jean Zay, l’ASAF proposera le nom de plusieurs résistants dont certains de moins de 20 ans qui ont non seulement combattu le nazisme les armes à la main, mais ont été torturés et ont exprimé d’une manière héroïque, avant d’être fusillés, les raisons les plus nobles qui les ont conduits à faire le sacrifice de leur vie.

Ces noms seront proposés au chef de l’État et les Français seront associés à cette démarche.


La France traverse depuis plusieurs années une période de doutes et va devoir relever des défis exigeant des efforts considérables de la part de tous. Il importe donc que les responsables politiques évitent les polémiques qui divisent et sachent, au contraire, rassembler les Français autour de héros indiscutables qui leur rendent leur fierté et à travers des attitudes qui fassent honneur à la France.

 

Rédaction de l’ASAF

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 13:51

ALAT Sept 2014

ALAT juin 2014

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 07:33

L’ASAF (Association de Soutien à l'Armée Française)  refuse de s’associer à cette commémoration de cette date pour les raisons qui sont détaillées dans le texte ci-dessous, rédigé en 2009 par le général Henry-Jean Fournier, délégué de l’ASAF pour la Dordogne.

50e-anniversaire-du-Cessez-le-feu-en-Algerie 

Le 19 mars,

Un faux anniversaire pour un faux armistice

La date de la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie, comme l’appellation elle-même de cette « guerre », longtemps considérée seulement comme « les événements d’Algérie », a aussi longtemps fait débat en France, jusqu’à la décision prise par le Président de la République d’adopter la date du 5 décembre pour la journée nationale d’hommage aux morts de la guerre d’Algérie et des opérations au Maroc et en Tunisie.

Le choix de cette date a été le fruit du travail d’une commission, présidée par le Professeur FAVIER, de l’Institut et réunissant les douze associations les plus représentatives d’Anciens Combattants de toutes les guerres pour proposer une date commune. Après discussion et un vote démocratique, 10 associations (représentant 800 000 adhérents ont opté pour le 5 décembre, date à laquelle avait été inauguré, en 2002, le Mémorial A.F.N. du Quai Branly.

Le 5 décembre 2002, en effet, toutes les associations et fédérations étaient présentes, dans une même communion d’esprit, autour du seul souvenir de ceux qui avaient donné leur vie au service de la Patrie au cours de cette période des combats d’A.F.N.

La volonté d’apaiser les débats se manifestait ainsi dans un jour qui rassemble, exempt de toute considération politique, philosophique ou religieuse et respectant les sensibilités de chacun. Il ne s’agissait ni de commémorer une date, ni de célébrer une victoire ou de pleurer une défaite, mais tout simplement d’honorer ce jour-là, sur l’ensemble du territoire national la mémoire de ceux qui, indépendamment de leurs propres convictions, avaient disparu dans ces combats et ces événements.

On peut certes contester le choix du 5 décembre, mais on ne peut refuser à cette date l’avantage d’être neutre et uniquement tournée vers l’hommage aux morts. Cependant, malgré la quasi-unanimité recueillie autour de ce choix, une association continue de militer pour que ce soit à la date du 19 mars que soit célébrée la mémoire des morts en Algérie.

La date du 19 mars est celle du cessez-le-feu décidé, en 1962, lors des entretiens entre le gouvernement français et des représentants du Front de Libération Nationale algérien, à Evian. C’est là que commence toute une série de malentendus…..

 

Le premier malentendu tient au fait qu’il n’y a jamais eu d’accords officiels signés entre la France et un quelconque organisme représentant la rébellion algérienne :

1. ce que l’on appelle « les accords » d’Evian ne porte même pas ce nom dans le document d’origine établi à Evian : les conclusions des entretiens qui se sont déroulés à Evian portent le nom de « déclarations »

2. cette absence de référence à tout accord de type diplomatique ne confère à ces déclarations aucune valeur juridique au plan international et laissait, d’emblée, la porte ouverte à toutes les remises en cause, puisqu’il ne s’agissait que de déclarations d’intentions.

3. ces « déclarations » ont d’ailleurs été immédiatement rejetées par les instances dirigeantes de la rébellion, qui ont désavoué les représentants qu’elles avaient elles-mêmes déléguées à Evian.

4. en l’absence de toute portée juridique, les conclusions des négociations d’Evian n’ont jamais pu être utilisées par la France et ses ressortissants vis-à-vis de la juridiction internationale pour faire respecter les clauses essentielles prévues (telles que, par exemple, les droits de propriété des européens d’Algérie, la participation d’européens aux affaires publiques, la parité de la mise en valeur du sous-sol saharien, l’usage de la langue française, etc…)

La mise en œuvre des « déclarations d’Evian » a donc été effectuée de manière strictement unilatérale, par la France seule, sans partenaire.

Ce fut notamment le cas de ce que l’on a appelé le « cessez-le-feu ».

 

Le second malentendu est en effet la notion de « cessez-le-feu » décrété à partir du 19 mars 1962.

Dans une guerre « normale », cette décision, qui s’apparente à la notion d’armistice entre deux belligérants, est appliquée sur le champ de bataille par les troupes en présence et conduit à une interruption des combats et à la mise en œuvre d’un certain nombre de procédures, permettant notamment de préserver les populations. Cette situation débouche ensuite soit sur la reprise des combats en cas de désaccord entre les diplomates négociant la fin du conflit, soit sur un accord de paix entre les parties.

Dans le cas de l’Algérie, la situation était fort différente de cette procédure : la guerre n’en était pas vraiment une et l’adversaire n’avait pas d’existence internationale légale. En outre, compte tenu du caractère même de la « guérilla », l’ennemi sur le terrain n’obéissait à aucun commandement capable de faire appliquer un tel cessez-le-feu, d’autant plus qu’à l’époque, les combats étaient devenus rares, en raison de la mise hors-de-combat, précisément, de la plupart des rebelles, sur le territoire des départements d’Algérie.

Le cessez-le-feu ne fut donc mis en œuvre que par le commandement français, qui l’imposa à ses troupes, avec toute la rigueur d’une organisation militaire conventionnelle. L’armée française reçut l’ordre de s’enfermer dans ses cantonnements et de n’intervenir qu’en cas de légitime défense d’elle-même.

Le cessez-le-feu fut donc strictement unilatéral et les « combattants de la onzième heure du F.L.N. » eurent alors les mains libres pour se livrer à une application particulière d’un cessez-le-feu, non validé par les instances dirigeantes de la rébellion, réfugiées à Tripoli.

 

La date du 19 mars 1962 a donc été le signal d’une période particulièrement douloureuse de la tragédie algérienne, puisqu’il y a eu, à partir de cette date et jusqu’à l’exode total des Européens d’Algérie, plus de victimes, (d’origine européenne ou algérienne) que durant toute la guerre. Assassinats et enlèvements, qui avaient été pratiquement éradiqués, ont connu une virulence accentuée par la sauvagerie et le caractère irrationnel des actes commis. Aujourd’hui encore, de nombreuses familles de pieds-noirs ne savent toujours pas ce que sont devenus ceux des leurs qui ont été enlevés à ce moment-là et qui ont été estimés à plus de 3 000 personnes (contre 2 788 tués et 875 disparus pour la période 1954-1962).

En ce qui concerne les harkis, qui avaient le statut légal de supplétifs de l’armée française, on évalue le nombre de leurs morts, dans des conditions particulièrement atroces (égorgements, ébouillantements, écorchages vivants, émasculations, etc….) à un chiffre officiel compris entre 60 et 70 000 victimes, massacrées sous les yeux de l’armée française dans les rangs de laquelle ils combattaient quelques semaines avant.

Sans parler des populations d’origine algérienne qui s’étaient engagées aux côtés de la France et qui ont également été impitoyablement massacrées dans leurs douars, au fond des montagnes, sans que l’on puisse avancer un chiffre qui ferait sans doute horreur.

Enfin, et ce n’est pas le moindre fait au regard de la démarche de mémoire que recherchent aujourd’hui les Anciens Combattants de cette époque, la Direction de la Mémoire, du Patrimoine et des Archives (DMPA) du ministère de la Défense a recensé 386 militaires français ayant trouvé la mort après le 19 mars 1962 et pas seulement dans des accidents en service.

 

Le troisième malentendu est d’origine plus récente, car, dans l’imaginaire populaire français, qui ne connaît pas vraiment l’histoire de cette période, on a facilement tendance à placer la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie au même niveau que l’armistice du 11 novembre 1918 (qui a été demandé par l’adversaire en raison de la victoire, sur le terrain, des troupes alliées) ou que la Victoire du 8 mai 1945 (qui a été imposée par les Alliés à l’Allemagne totalement vaincue).

 

Il est bien compréhensible, en effet, que les deux millions de jeunes Français qui ont été envoyés défendre les couleurs de la France en Algérie veuillent aujourd’hui commémorer la fin d’un événement qui a marqué leur jeunesse.

Mais, après avoir vécu une guerre qui n’a jamais voulu dire son nom, pourquoi faut-il qu’une minorité d’entre eux, certes organisés en une fédération très active, qui occupe puissamment l’espace politico-médiatique, mais qui demeure minoritaire, choisisse une date célébrant un faux armistice ?

Pourquoi faut-il, après avoir inutilement sacrifié une partie de leur jeunesse, qu’ils sacrifient aujourd’hui leur honneur en commémorant un faux anniversaire ?

 

La date du 5 décembre n’est sans doute pas très heureuse, mais elle a le mérite de se vouloir apaisante, quelles que soient les opinions.

S’il n’existait qu’une seule raison pour refuser la date du 19 mars, elle ferait appel à la mémoire de tous ceux qui sont tombés là-bas avant le 19 mars et dont la mort n’a servi à rien.

Elle ferait surtout appel à la mémoire de tous ceux qui sont morts après le 19 mars, parce que la France avait baissé les armes et les avait abandonnés à leurs tueurs.


Vouloir célébrer le 19 mars est un déni.

*****

Depuis cette période des évènements nouveaux sont survenus.

Tout d’abord la loi n° 2012-1361 du 6 décembre 2012 relative à la reconnaissance du 19 mars comme journée nationale du souvenir et de reconnaissance à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc, est venue instituer une seconde commémoration pour la guerre d’Algérie, sans que le Conseil constitutionnel, saisi par des députés de l’opposition, y trouve une incompatibilité avec la loi instituant le 5 décembre comme journée national d’hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie. Il estime en effet qu’il n’y a pas d’incompatibilité en droit et en pratique entre les deux textes, et que rien n’empêche qu’un même événement ou une même population fasse l’objet de deux commémorations au cours d’une année.

Puis, le 31 mai 2012, le tribunal administratif de Rennes a rendu un jugement faisant droit à la requête d’un ancien combattant d’Algérie (M. Jean DONNIO, membre de l’ASAF des Côtes-d’Armor) et enjoignant au maire du QUILLIO (Côtes d’Armor) de faire procéder au retrait de la plaque apposée sur la Monument aux Morts de cette commune et portant la mention « Fin de la guerre d’Algérie : 19 mars 1962 ».

Le tribunal a rappelé, dans les motifs de sa décision, qu’une commune pouvait, sur son Monument aux Morts, honorer les morts pour la France d’une guerre où aucun de ses enfants n’était tombé au combat. Il a en outre rappelé qu’il appartient au maire d’interdire l’apposition sur le Monument aux Morts de la commune d’emblèmes ou de mention de nature à enlever à ce monument son véritable caractère (dont la seule définition légale procède de la loi du 25 octobre 1919).

Les juges ont déduit que « la plaque litigieuse, eu égard à la seule inscription qu’elle comporte, ne présente pas un caractère commémoratif, mais tend uniquement à prendre position sur une date de fin de conflit, alors même que cette question s’inscrit dans le cadre d’une controverse historico-politique. »

Ce jugement peut servir de fondement juridique à tout recours administratif devant le maire d’une commune qui aurait laissé apposer sur son Monument aux Morts une plaque se limitant à la même inscription : « 19 mars 1962, fin de la guerre d’Algérie », que cette plaque mentionne ou pas le nom de combattants morts au combat.

Pour être recevable, l’action doit être engagée par une personne ayant qualité pour agir, c’est-à-dire habitant la commune et ayant le titre d’ancien combattant.

Toutefois, une association pourrait également mener l’action en justice si elle peut justifier que son action entre bien dans le cadre de l’objet de ses statuts, par exemple la défense des intérêts moraux des familles des morts de la guerre d’Algérie.

Enfin, il convient de noter que, s’agissant de recours pour excès de pouvoir, l’intervention d’un avocat n’est pas obligatoire, même si elle reste conseillée pour présenter le dossier dans le dédale des arcanes judiciaires.

Enfin, le 26 décembre 2013, suite à un jugement de la Cour d'Appel de Rennes en date du 15 octobre 2013, le Parquet a confirmé la condamnation du Ministère de la Défense qui s’y opposait, et ordonné l'adjonction de la mention « Mort pour la France » sur l'acte de décès de M. Paul, Hubert, Marie TEUMA né le 30 juillet 1918 à Carcès (Var) décédé le 5 juillet 1962 à Lartigues (Algérie).

 

Par ailleurs la FNACA qui est la principale association d’anciens combattants à préconiser le 19 mars comme seule et unique date de commémoration en tant que fin de la guerre d’Algérie, et qui demande même l’abrogation de la date du 5 décembre, se trouve elle-même en flagrant délit de contradiction. Elle accepte en effet que les états de service de ses membres soient arrêtés à la date du 5 juillet 1962, date de l’indépendance algérienne, au lieu du 19 mars.

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