Courant octobre 2009, un conseil d'enquête de la gendarmerie avait proposé la "radiation des cadres" de cet officier supérieur visé par une procédure disciplinaire pour "manquement grave" à son obligation de réserve. La décision de suivre la proposition de sanction appartenait en dernier ressort au président de la République, Nicolas Sarkozy.

Connu pour ses positions contestataires au sein de la Gendarmerie, très proche du forum Gendarmes et citoyens, Jean-Hugues Matelly est sanctionné pour s'être prononcé publiquement contre le rapprochement police-gendarmerie et le rattachement de son arme au ministère de l'Intérieur. L'officier expliquait s'être exprimé comme chercheur associé au CNRS, ce qu'il est également, au sein du Cesdip, un groupe animé par le sociologue Laurent Mucchielli, très hostile à la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy.

Jean-Hugues Matelly avait pourtant reçu également le soutien d'Alain Bauer, un proche et conseiller du chef de l'Etat, mais cela ne semble pas avoir suffi.

Cette sanction est rarissime. Même si Matelly était assez isolé au sein de la gendarmerie, elle risque d'attiser les tensions dans un corps qui vit très mal son rapprochement forcé avec la police.
Cet officier est sanctionné pour s'être exprimé. Dans un contexte bien plus grave, le général de Bollardière n'avait pas été rayé des cadres, à la suite de ses propos dénonçant la torture en Algérie, qui lui avait pourtant valu deux mois de forteresse. Quant aux officiers de gendarmerie, condamnés au pénal dans l'affaire des paillotes corses, ils n'ont pas fait l'objet de sanctions disciplinaires.

Source :  jean Dominique Merchet - Libération.fr